Le passage du diable d'Anne Fine (2013)

Publié le par Marion L.

Le passage du diable d'Anne Fine (2013)

Et si le danger ne venait pas du monde extérieur mais de l'intérieur ? D'une maison de poupée ?

     Daniel Cunningham est un enfant qui n’a pas eu d’enfance, enfermé dans sa chambre, cloîtré dans son lit, vie entrecoupée par de rares instants dans le jardin, persuadé d’être atteint d’une terrible maladie. C’est en tout cas ce que lui raconte sa mère pour cacher un secret. Ses seules occupations sont lire et vivre à travers les aventures d’autres personnages.

     Jusqu’au jour où une voisine curieuse le repère et que plusieurs voisins tendent un piège à sa mère pour laisser entrer un médecin. Un médecin qui devra poser un pronostique sur sa maladie et déclarer l’existence de cet enfant. Discrète, Mme Cunningham a réussi à le cacher durant toutes ces années.

      Libéré de sa mère devenue folle, Daniel découvre le monde extérieur et la vie. Seul souvenir de sa mère : une maison de poupée, réplique exacte de la maison d’enfance de sa mère.

     Tout se passe pour le mieux jusqu’à ce que Daniel et la petite Sophie (fille du médecin) fassent une découverte dans cette maison et que le docteur Marlow – qui l’a recueilli – retrouve la trace de son oncle. Un oncle qui peut accueillir Daniel dans la maison grandeur nature, celle qui a servi de modèle au jouet.

Daniel fera de terribles découvertes qui pourraient le conduire à la mort.

      Le mystère reste entier longtemps puisqu'on commence surtout à observer Daniel dans sa réhabilitation à la vie en société. Puis l’œil de la caméra se concentre sur la maison de poupée sans que rien ne soit révélé. Il faut attendre la deuxième partie et le départ de Daniel pour que le mystère s’épaississe et que par la suite les pièces du puzzle puissent se mettre en place.

      Ce qui fait qu’on sent peser une menace durant tout le livre. Au titre, on sent qu’il se cache quelque chose de sombre et de diabolique derrière tout ça, mais cet aspect ne montre pas encore le bout de son nez.

      On veut savoir pourquoi cette mère enfermait ainsi son enfant, pourquoi elle est devenue si folle et surtout comprendre cette histoire de malédiction, et en quoi enfermer son fils pouvait le protéger…

C’est tout cela qui fait que l’on sent une ombre planer, quelque de terrible se tapir en attendant de pouvoir frapper.

      Et c’est cela qui est très bien fait dans ce livre, qu’on ne sache pas tout de suite, qu’on laisse son imagination ou les présomptions se développer.

     Ce qui à mon sens fait de la première partie le meilleur moment de l’histoire. Même si la seconde est vraiment bien aussi, pleine de surprise, de découverte, d’action, de noirceur.

     L’auteur arrive à faire de ce livre quelque chose d’attrayant et de captivant, sans même avoir besoin d’aller dans le grandiose. Une histoire toute simple en somme mais réussie. Pas un livre d’épouvante à mon avis (dans le style des Chair de poule), même s’il pourrait effrayer. A ne pas mettre entre de trop jeunes mains ou devant des esprits délicats.

     Ici l'épouvante est plus subtile, le surnaturel y est amoindri. On pourrait croire que tout vient de la nature humaine, ou du moins de la noirceur de certains humains, aidée ici par une magie diabolique, certes, mais tout de même. Une bonne impression. Le mystère demeure presque entier jusqu’à la fin. Le titre et la couverture sinistre sont assez révélateurs de ce qui se passe dans ce livre et de l’ambiance. Un style qui correspond à l’époque puisque précisons que le texte est à la première personne. Nous n’avons pas de date précise, mais pensons fin XIXe environ car le train est là, ou tout début XXe.

Très agréable à lire. Roman adressé aux plus de 14 ans je dirais, même si l’âge ne veut rien dire, chacun évolue à son rythme. Je vous conseille de suivre les aventures de ce jeune garçon.

Marion (Source image : médiathèque Neuville)

Publié dans Jeunesse - Adolescents

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