Le seigneur des anneaux, tome 2; J.R.R. Tolkien.

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Le seigneur des anneaux, tome 2; J.R.R. Tolkien.

Les deux tours.

     Dans ce deuxième tome, Frodon et Sam se sont séparés des autres pour aller en Mordor et détruire l’anneau. Tout n’est que désert aride, puanteur et laideur. Le terrible Gollum les suit et devient leur guide. Il est déjà venu en Mordor où l’Ennemi (comme ils appellent tout ce qui concerne Sauron) l’a torturé pour connaitre l’identité du nouveau porteur de l’anneau. Il connait les chemins sinueux et Frodon l’oblige à lui être fidèle par un serment sur son très cher « Précieux » (comme il appelle l’anneau.) Sam s’en méfie et il a bien raison car Gollum les donne en cher à pâtée à une créature maléfique que même Sauron ne peut maîtriser : la terrible Arachnée (comme son nom l’indique, il s’agit d’une araignée gigantesque.) Sam doit abandonner Frodon qu’il croit mort pour finir la mission. En chemin (donc avant cela, désolée pour la chonologie) ils croisent des gens du Gondor dirigés par le frère de Boromir, le sage Faramir qui ne fera pas la même erreur que son frère : être tenté par l’anneau unique. Ces hommes les aident mais ne peuvent venir avec eux en Mordor et les aider à affronter la terrible araignée.

      De leur côté, Aragorn, Legolas et Gimli, partent à la recherche de Merry et Pippin pour les sauver des orques. Boromir est mort et son corps dérive à présent sur la rivière dans une barque elfique. Eux aussi croisent des futurs amis : les Rohirrims ou les gens de Rohan, les dresseurs de chevaux. Mais même avec d’excellentes montures prêtées par Eomer, ils ne retrouvent pas leurs amis. Mais un autre ami, qu’ils croyaient perdu, se montre à eux sous une nouvelle forme : Gandalf le gris est devenu Gandalf le blanc. Il leur annonce que les deux jeunes Hobbits sont en sécurité avec les Ents. Ensemble ils retournent en Rohan pour libérer le roi Théoden de l’emprise de langue de serpent, allié du traitre Saroumane. La guerre est annoncée et les hommes du Rohan combattent les orques au gouffre de Helm. Après leur victoire, ils font route pour l’Isengard. Ils y retrouvent les deux Hobbits sagement assis, fumant de l’herbe à pipe d’excellente qualité. Les Ents ont détruit l’Isengard et piégé Saroumane dans sa tour. Gandalf « détrône » Saroumane. Mais rien n’est fini, et surtout pas la guerre.

     Ainsi donc Merry et Pippin, prisonniers des orques, réussissent à s’échapper grâce à leur intelligence. Ils font la connaissance de Sylverbarbe, le plus vieux des Ents (connus aussi chez nous sous le nom de Sylvains, ces grands arbres qui bougent et parlent.) Il réunit les autres et c’est ensemble qu’ils décident d’attaquer l’Isengard pour venger leurs frères tombés (Saroumane, pour créer ses Uruk-haï et son armée, a construit des galeries dans le sol et a coupé tous les arbres alentours en guise de combustible pour certains et de jeux pour d’autres.)

     Ainsi donc, des victoires sont gagnées mais pas la guerre. Pippin a regardé dans les pierres d’avenir et Gandalf doit l’emmener loin pour le protéger ; Frodon est entre les mains de l’ennemi et de terribles guerres attendent encore les autres membres de la compagnie encore vivants.

     Après ce résumé digne d’une bande annonce cinématographique, nous allons parler du livre avec un peu plus de détail.

     Tolkien n’en finit pas avec toutes les descriptions, mais j’avoue que cette fois je les ai lues. Je ne regrette pas autant que je l’aurais alors pensé. Tolkien a un style très riche et il utilise les mots adéquats pour rendre plus clair ce qu’il essaie de nous dire. On peut même retrouver une certaine poésie dans ses paroles. Avec peu de mot il arrive à nous faire visualiser les décors. Il excelle dans cet art avec les descriptions des pires endroits, ceux qu’il arrive le mieux à décrire. J’ai choisi certains passages pour mieux exprimer ce que j’essaie de dire ici :

     Voici le décor du Mordor tel que Tolkien le décrit : « […] De larges terrains plats s’étendaient de chaque côté, sombres prairies emplies de pâles fleurs blanches. Elles étaient lumineuses, elles aussi, belles et pourtant de configuration horrible comme les formes démentes d’un cauchemar, et elles émettaient une faible et écœurante odeur de charnier ; une senteur de pourriture emplissait l’air. […] L’eau qui coulait en dessous était silencieuse, et elle fumait ; mais la vapeur qui s’en élevait en spirales et en volutes autour du pont était mortellement froide. » (Chapitre VIII, livre IV.)

     « Tout affreux qu’avaient été les Marais des Morts et les landes arides, bien plus repoussant encore était le pays que le jour rampant dévoilait à ses yeux contractés. Même à l’Etang des Visages Morts  paraissait un certain spectre de printemps vert ; mais ici ni printemps ni été ne viendrait jamais plus. Ici, rien ne vivait, pas même les végétations lépreuses qui se nourrissent de pourriture. » (Chapitre II, livre IV.)

     Je suis sûre que vous n’avez pas envie de venir passer vos vacances d’été ici. La phrase qui est le summum, de mon avis, de cette description est celle-ci : « Les mares haletantes étaient suffoquées par la cendre et les boues rampantes, d’un blanc et d’un gris morbides, comme si les montagnes avaient vomi les immondices de leurs entrailles sur les terres environnantes. » (Chapitre II, livre IV.) N’est-ce pas charmant ?

     Ayant déjà parlé de certaines choses pour le premier, je ne vais pas revenir dessus. J’aimerai ici parler des descriptions et les analyser.

    Tout se joue sur les mots dans les descriptions. C’est sans doute la chose la plus difficile à faire lorsqu’on écrit une histoire. Il faut en mettre assez pour que le lecteur visualise ce qu’on veut lui faire voir, mais sans trop pour ne pas l’ennuyer. On ne peut utiliser n’importe quel mot, il en faut des percutants, de ceux qui touchent le cœur même des gens. C’est ce que fait ici, et avec un certain succès, notre ami Tolkien. Bien sûr je garde en tête qu’il ne s’agit ici que d’une traduction, et les mots peuvent avoir été changés, même involontairement, par le traducteur. Ainsi, admirons le travail de l’écrivain et de son traducteur F. Ledoux.

     Tolkien utilise des termes qui ramènent la « beauté » (si on peut parler de beauté) de ce paysage au plus bas, avec des mots comme « rampant ». C’est sale, c’est bas, c’est mauvais. Quoi de mieux pour nous faire sentir cela que de jouer sur tous nos sens : la vue : « affreux », « repoussant », « rampant », « spectre », « lépreuses », « cendre et les boues rampantes », « morbides », « vomi les immondices de leurs entrailles » ; l’odorat : « faible et écœurante odeur de charnier », « une senteur de pourriture », « les mares haletantes »… Je vois que vous voyez où je veux en venir.

     Tolkien joue sur les mots pour nous inspirer du dégoût : « vomi », « pourriture »… et utilise des images assez fortes et répugnantes comme les montagnes qui vomissent des immondices (là il amplifie tout, car elles ne vomissent pas n’importe quoi) sorties de leurs entrailles. C’est plus que répugnant, c’est franchement dégueulasse.

     Même les choses qui ordinairement sont décrites comme belles dans les histoires tel que le jour avec son soleil radieux ou l’éclat de la lune dans la nuit noire sont ici ramenées au plus bas, voire bafouées « le jour rampant ». C’est comme si le jour était un sournois qui se trainait dans la boue infecte des marais !

     Et c’est ainsi durant tout le livre. Je n’ai pas retenu, pardonnez-moi, les descriptions des beaux lieux tel que Fondcombe ou la forêt de Loríen (cités dans le premier) ou le seul petit endroit magnifique encore vivant dans ce bourbier (pour reprendre des termes de Tolkien), occupé par les gens du Gondor.

    Il est rare que des descriptions soient plaisantes à lire, mais là, la magie de Tolkien en fait des petites merveilles. Si les personnages sont magiques, pourquoi par le style le l’auteur ?

 

Le film : le deuxième volet de la trilogie est sorti un an après le premier en 2002. Les personnages qui y apparaissent sont (je ne vais pas répéter ceux du un, pour les avoir je vous dirige sur l’article consacré au premier tome) : Gollum par Andy Serkis ; Théoden par Bernard Hill ; Grima, langue de serpent par Brad Dourif ; Faramir par David Wenham ; Eomer par Karl Urban et Eowyn par Miranda Otto.

 

Livre/film : Il n’y a pas à dire, à part quelques petites choses Peter Jackson est resté fidèle, autant qu’on pouvait l’être, au livre. Certaines paroles là encore sont ressemblantes voire les mêmes que celles prononcées dans le livre. Je ne vais pas vous alourdir avec tout ceci, mais si vous lisez le livre et retenez les dialogues, vous le remarquerez aisément. Sans parler des personnages qui sont vraiment ceux du livre. Legolas est assez mystique et dit des choses qui parfois ne servent à rien. Et Sam, sa manière de parler est exactement la même. Ce sont vraiment ces deux personnages qui sont les plus fidèles (j’avoue que les autres divergent un peu, dans le livre Frodon est moins violent avec Sam.)

     Quand on a lu le livre, il y a des scènes qui nous paraissent moins sombres qui prennent tout leur sens. Quand Frodon et Sam dorment en bas d’une falaise et qu’ils se réveillent d’un coup pour attraper Gollum on se dit « waouh ! Quels réflexes ! Même quand ils dorment ! » Mais non. Ils ont vu Gollum arriver et ont fait semblant de dormir, prêt à l’attraper. Cela n’est pas précisé dans le film.

     Ou quand Legolas, Aragorn et Gimli rencontrent Gandalf dans la forêt et que le magicien les conduit au-dehors. Avez-vous vu des chevaux ? Regardez bien. Quand ils quittent Eomer ils sont à cheval. Quand ils entrent dans la forêt à la suite de Merry et Pippin, ils n’en ont plus. Et quand ils se promènent dans la forêt ils n’en ont pas encore. Mais quand ils sont au-dehors prêts à partir, les chevaux sont là. Comment ?

     Et bien dans le livre, une apparition de Saroumane a fait fuir les chevaux qui ont rejoint Gris-poil, celui de Gandalf. Ils reviennent plus tard en même temps que le cheval blanc. Voilà la vraie explication de leur retour.

     En parlant de la forêt, vous pourrez remarquer que Peter Jackson triche. Pour garder le suspens et faire croire à tous que Gandalf est Saroumane ils ont été jusqu’à donner la voix de Saroumane à Gandalf. Pendant que les trois amis sont éclairés par la lumière blanche du magicien, la voix de Saroumane se fait entendre. Puis, on découvre qu’il s’agit en faite de Gandalf qui retrouve sa vraie voix. Peter Jackson où ceux qui doublent les voix sont des petits voyous ! Ils veulent nous duper !

     Par contre il y a des scènes qui ne sont pas dans le livre, ou du moins dans le deux. Peter Jackson s’est permis quelques petites libertés. Quand l’armée et le peuple de Théoden traversent le Rohan pour rejoindre le gouffre de Helm ils se font attaquer par des chevaucheurs de loup. Leur voyage est sans périple dans le livre. Et Aragorn n’est pas précipité dans l’eau. Cela met du suspens au film : Aragorn est-il vraiment mort ? Petit futé, il veut nous faire peur !

     Il n’y a pas non plus de combat à Osgiliath. Dans le film Faramir amène Frodon, Sam et Gollum à la cité d’Osgiliath car cette dernière est attaquée. Il ne veut pas les lâcher, prêt à offrir l’anneau à son père comme arme. Frodon y rencontre l’un des Nazguls sur son animal volant. Et bien tout cela n’est pas présent dans le livre. Faramir est bien plus sage et comprend immédiatement que l’anneau ne causerait que destruction à son peuple et qu’il devait le laisser partir. Il critique même son frère Boromir, comprenant qu’avec sa trop grande estime de soi il avait pu être tenté. Il le relâche rapidement alors qu’ils sont toujours au même endroit près de la chute d’eau.

     Aucun elfe ne vient aider les hommes au gouffre de Helm et les femmes restent au château sous l’autorité d’Eowyn.

     Encore une grosse différence: Arwen apparait régulièrement dans le film et son amour pour Aragorn est mis en avant. Et bien dans le livre ce n’est pas du tout le cas. Mais je comprends que pour faire un film qui plaise il ne faille de l’action, de belles personnes, et de magnifiques histoires d’amour. Tolkien offre les deux premiers mais pas les amours. Peter Jackson n’avait pas d’autre choix que de se permettre certaines libertés qui ne sont en rien déplaisantes.

     Pour finir sur les quelques différences et la mini courte brève analyse, nous pouvons dire que le film deux se termine bien avant la fin du livre. Les hommes ont survécu au combat du gouffre de Helm et les Ents ont terrassé l’Isengard. Dans le livre, le roi Théoden rejoint les Ents pour avoir une petite conversation avec eux. Les compagnons se retrouvent et repartent bien vite pour une nouvelle guerre. Sam et Frodon se remettent en route après que Faramir les ait relâchés. Dans le livre, ils ont eu le temps de beaucoup marcher, vivre d’autres aventures, rencontrer l’araignée et se promener parmi les orques. Tout ce qui se trouve dans le début du troisième film.

     Voilà, je ne vais pas aller plus loin. Si nous décidons de faire des rubriques pour certains films, je prendrais le temps de bien les analyser. Mais pour le moment, je vais m’arrêter là sur le deuxième opus de cette trilogie.

 (Désolée pour cet article encore d'une longueur infernale) M.L.

 

Source image: librairie Decitre.

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