Le rouge et le noir ; Stendhal

Publié le par Marion L

Le rouge et le noir ; Stendhal

Voici un nouvel article. J'attendais que MB rajoute quelque chose car j'ai écrit beaucoup plus d'articles qu'elle et je voulais une harmonie, faire un nombre équivalent. Mais tant pis, celui-là attend depuis déjà un an (comme d'autres)

http://www.armance.com/sommaire-stendhal.html: site pour sa bio.

     Le rouge et le noir est le deuxième roman de cet auteur, mais sans doute son chef d’œuvre pour certains critiques. Cette œuvre a fait beaucoup parler d’elle à son époque (1830, même date qu’Hernani qui a également choqué, mais dans le domaine du théâtre), notamment à cause de son personnage principal ; un homme sans scrupules.

     Julien Sorel, le héros, est un homme ambitieux et calculateur (c’est surtout cela qui a gêné.) Fils de charpentier, il devient précepteur des enfants du maire de son village, M. de Rênal, puis il entre au séminaire de Besançon avant de finir secrétaire pour le comte de la Mole. Il fait beaucoup de chemin mais s’attire les foudres de beaucoup de personnes. Ses histoires d’amour débutent par le « devoir ». C’est un devoir de prendre la main de madame de Rênal et de faire en sorte qu’elle l’aime. C’est un devoir de la séduire et de tout faire pour qu’elle oublie la religion dans laquelle elle se plonge après une longue aventure avec lui. C’est un devoir de conquérir le cœur de Mademoiselle de la Mole et de tout faire pour que cet amour demeure. Mais son véritable et seul amour reste madame de Rênal qu’il tentera de tuer dans une église. En effet, en apprenant sa relation avec Mathilde de la Mole (elle tombe enceinte de cette union et fait tout pour que son père élève Julien dans la société, car elle veut l’épouser), elle envoie une lettre au père où elle calomnie Julien. Fou de colère il lui tire dessus avant de se rendre compte qu’il l’aime éperdument. Il veut d’ailleurs que ce soit elle qui élève son enfant. Sa fin est tragique, malgré tout ce que ses « maîtresses » et ses amis font pour lui.

 

     Pour écrire cette histoire, Stendhal s’est inspiré de faits divers : l’affaire d’Adrien Lafargue qui a tué la femme mariée avec qui il avait une relation ; et l’affaire Antoine Berthet, celle qui est la plus ressemblante de l’histoire de Julien.

     Stendhal a tenté de peindre une époque, une génération, et Julien Sorel en est le représentant. N’oublions pas que le titre exact est « Le rouge et le noir : Chronique du XIXe siècle. » Son histoire a choqué et beaucoup ont critiqué. Mais après une lecture plus approfondie, les critiques se sont rendu compte que Julien, s’il avait existé, ne serait que le fruit de la société dans laquelle il vivait. Le critique Victor Del Litto écrit même : « Le Rouge et le Noir est un livre violent et sombre. Il offre le tableau morne et démoralisant d’une société s’efforçant de vivre à tout prix comme on avait vécu avant 1793, et qui se montrait d’autant plus intransigeante que l’épreuve de la Révolution l’avait profondément traumatisée. Julien incarne une époque marquée par la double domination des castes et de l’Eglise. » D’ailleurs, Stendhal dit souvent que le roman est le miroir de la société ; prenons pour exemple cette citation : « Hé, monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l’homme qui porte le miroir dans sa hotte sera pour vous accusé d’être immoral. Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier et plus encore l’inspecteur des routes qui laisse l’eau croupir et le bourbier se former », livre II, chapitre XIX. Le roman est un miroir qui parfois est accepté, comme par exemple quand il ne choque pas, et parfois ne l’est pas du tout ; une chose magnifique comme le bleu du ciel ou alors tout son contraire, un simple bourbier. Mais à chaque fois ce n’est jamais la bonne personne qui est visée : on accuse l’auteur et le roman (phrases rouges.) Stendhal semble critiquer cela, car pour lui il faut s’en prendre à la société, à ce qui est montré et non à celui qui montre (phrases vertes)

     Julien est hypocrite, certes, mais c’est pour se protéger du monde.

 

Pourquoi ces deux couleurs dans le titre ?

     De nombreux critiques proposent diverses idées parlant de modes, ou de couleurs de tel ou tel personnage, et même des couleurs présentes dans le livre à certains moments forts. Mais Stendhal lui-même donne une explication à ce titre : « Le rouge signifie que, venu plus tôt, Julien eût été soldat [pour le rouge] ; mais à l’époque où il vécut, il fut forcé de prendre la soutane, de là le noir. »

 

     Cette œuvre est originale de part son titre, mais aussi de part les monologues intérieurs et les interventions de l’auteur sans qu’il n’y ait coupures (parfois il y a des parenthèses.) Au début, Stendhal intervient et discrédite son personnage principal. Puis, il réapparait quand il dépeint les actions de Mathilde, où il se justifie et semble vouloir éviter les critiques et les reproches.

 

     Pour tout ce qui est étude des personnages ou du travail de l’écrivain, Victor de Litto fait une bonne et enrichissante critique, pour ceux qui veulent approfondir. Je vais donc laisser cette longueur convenable à cet article (mon plus court ^^.)

ML

Source image: librairie Decitre.

Publié dans Classique

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L
Classique et excellent. J'ai eu un peu de mal au début, mais au bout d'un certain temps, on accroche.
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