Le roman de la momie ; Théophile Gauthier

Publié le par Marion L

Le roman de la momie ; Théophile Gauthier

En Egypte un jeune lord anglais (Evandale), un docteur allemand et un égyptologue (Rumphius) sont à la recherche d’une tombe dans la vallée des rois. C’est alors qu’ils découvrent la sépulture d’une jeune femme qu’ils devinent sublime. Ils se questionnent sur sa présence dans un tel lieu jusqu’à ce qu’ils trouvent un papyrus. Ce dernier retrace la vie de la jeune femme du nom de Tahoser, fille du prêtre Pétamounoph, sous le règne de Ramsès II. C’est alors que le récit enchâssé commence. On quitte le monde moderne pour retourner en Egypte antique. Le cœur de Tahoser se languit d’un hébreu : Poëri. Mais le pharaon a jeté son dévolu sur elle, la plus belle égyptienne.

     Gauthier écrit sur l’Egypte à une période où la connaissance de cette civilisation est limitée. On commence à la découvrir et on tâtonne encore dans le domaine. Cela se confirme dans l’ouvrage par quelques petites fautes, notamment dans le nom des dieux. Gauthier s’inspire de lectures ou de croquis pour décrire les lieux, les objets, et la vie quotidienne.

     Gauthier est un romantique. Ceci explique sûrement que le sujet l’ait attiré : une population entière a la volonté de fuir l’esclavage pour rejoindre la Terre promise.

     Nous pouvons également remarquer d’autres thèmes qui reviennent dans les œuvres de l’auteur : l’onirisme et le fantastique dans un premier temps et l’amour impossible dans un deuxième. En effet, c’est un rêve qui pousse Tahoser à accepter la religion juive et à renier ses propres dieux.

     Les prodiges de Moïse et leur répétition par les magiciens du roi prouvent qu’ils savent faire la même chose (même si Moïse les surpasse.) Ce sont deux civilisations et deux croyances qui s’affrontent. Or nous savons déjà qui gagne.

    Ceci nous amène à dire que Pharaon et Moïse – de par leur description – sont des dieux sur la terre et à eux-mêmes la représentation de leur peuple. Toute l’Egypte se trouve en Pharaon et toute la puissance de la religion chrétienne en Moïse. Là encore les deux civilisations se font face. Malgré un Pharaon et une Egypte imposants, la religion chrétienne remporte la bataille. Le géant est vaincu.

 

     L’amour impossible est la base même de ce livre. Tout commence (dans le livre mais non dans la vraie chronologie) par le lord anglais amoureux de la momie. Cet amour connait tout d’abord un obstacle temporel puisque des millénaires les séparent ; et un second obstacle dû  la mort elle-même.

    Puis l’amour de Tahoser pour Poëri qui ne peut se faire car ils font partis de deux peuples différents ; et pharaon lui-même et une servante s’y opposent. Comment vaincre un dieu ?

     Ensuite l’amour de Pharaon pour la belle Tahoser qui – et ce malgré son envie de l’aimer – ne ressent pas la même chose à son égard.

     Le seul amour possible est celui de Rahel et Poëri. Ceci peut nous amener à une longue analyse que je ne ferais pas.

    Enfin terminons avec ces deux femmes qui sont tout aussi importantes et intéressantes que Pharaon et Moïse. Tout comme Pharaon symbolise l’Egypte, Tahoser est la représentation de la beauté égyptienne. Seul un égyptien est amoureux d’elle et admire sa beauté (seul amour qui pouvait être possible : un égyptien avec une égyptienne.) C’est également le cas avec Rahel qui représente la beauté hébraïque et qui ne plait qu’à un hébreu (seul à savoir apprécier sa beauté.) Mais pourquoi Gauthier n’accepte que cet amour ?

 (Analyse intéressante faite par Marc Eideldinger pour ceux qui veulent approfondir leur connaissance de l’œuvre.)

M.L.  (Source image : Decitre.)

Publié dans Classique

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