L'abominable docteur Petiot ; Jean-Marc Varaut (1974)

Publié le par ML

L'abominable docteur Petiot ; Jean-Marc Varaut (1974)

Il s’agit ici de l’histoire du docteur Marcel Petiot, un tueur en série français qui sévissait durant la seconde guerre mondiale et sous l’Occupation. Marcel Petiot était un homme qui manipulait et ne semblait rien ressentir (pour ceux qui regardent la série Dexter.) En tout cas on ne pouvait pas deviner ses vrais sentiments. Il fut condamné à mort pour avoir assassiné soixante trois personnes, hommes et femmes (et peut-être même un enfant.)

         L’histoire est racontée de telle sorte que le livre prend à la fois la forme du documentaire et du roman. On retrouve bien le schéma du documentaire qui raconte une vie : quelque chose de construit et séparé par dates dans un ordre chronologique. Ainsi donc la forme est celle d’un documentaire mais le contenu celui d’une fiction.

            On suit l’histoire du tueur. Malgré tout l’auteur reste dans ce qu’il sait (ou peut savoir.) Il ne s’éloigne pas des faits connus. C’est pourquoi il ne plonge pas dans l’inconscient ou subconscient ou tout autre chose du même genre du docteur. C’est aussi pourquoi il précise qu’en apparence il semble ressentir telle chose mais qu’au fond on ne peut pas vraiment savoir si ces sentiments sont feints ou vrais.

            Tout comme il n’y a aucune scène qui montre le docteur dans un moment d’intimité. On se base sur des « on dit ». C’est le cas pour le début du roman où l’on soupçonne le docteur d’avoir des relations avec sa femme de ménage. L’auteur dit juste que cela est possible et que les gens en parlaient. Il reste donc très consis et distant.

            Dans le même principe : aucun meurtre n’est décrit.

            L’auteur ne tente pas de combler les vides. C’est ce qui me fait dire que tout cela n’est pas vraiment de la fiction (dans le sens où souvent on trouve des livres sur un personnage célèbre et historique. Mais sa vie est racontée et même imaginée pour combler les trous. Ici ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de place pour l’imagination.) Il s’agit ici beaucoup plus d’un travail d’historien que celui d’un romancier.

            Ceci se vérifie lorsque l’on suit la disparition de certaines victimes. On ne voit pas leur mort, ni Marcel Petiot leur faire quelque chose. On sait juste qu’il est le dernier à les avoir vues en vie. On voit le docteur entrer en contact avec eux, puis leur proposer de fuir la France car les jésuites y sont en danger. On les voit faire leurs valises et dire au revoir à leur proche. Ensuite plus rien.

            L’auteur ne cherche pas à nous influencer, comme il aurait pu le faire.

            La partie la plus détaillée est celle du procès. Ceci s’explique par le fait que ce dernier fut public. Il y a eu des témoins donc de quoi raconter.

 

            Le livre est le résultat de la fusion de tous les témoignages. C’est sans doute ce qui rend ce livre un peu étrange. Je l’ai rangé en récits de vie, mais j’aurais pu le mettre en policier. Pour ceux qui s’attendent à lire un roman, ne vous faites pas avoir. Il s’agit d’un documentaire légèrement romancé, mais sans plus. Pourtant je le conseille.

 

M.L. (source image : Amazon.) 

Publié dans Récits de vie

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