Le syndrome du spaghetti de Marie Vareille (2020) SP

Publié le par Marion L.

Le syndrome du spaghetti de Marie Vareille (2020) SP

Dire que Léa est un garçon manqué serait trop la réduire. Même si sa mère aimerait qu'elle soit plus "fille" avec des rendez-vous chez le gynéco, des robes, des chaussures à talon... Léa a surtout une passion dont elle rêve de faire son métier : le basket. C'est simple, Léa respire, pense, vit basket.

     Son père, coach et ancien joueur qui aurait pu faire carrière, l'a biberonnée à ce sport, au grand dam de sa mère. Et Léa est plus qu'investie. C'est son projet de carrière. Elle espère entrer à l'INSEP à la prochaine rentrée, et devenir la quatorzième femme à intégrer la WNBA. Et elle épousera Nico, son meilleur ami dont elle est amoureuse, qui joue dans la même équipe qu'elle.

     Léa est tellement douée qu'elle joue avec les garçons. Ce qui n'a rien eu de facile.

Sa vie est toute tracée... le destin en a décidé autrement. Son père décède brutalement et son monde s'effondre.

     Pour deux raisons : parce qu'en plus de tourner autour du basket, son monde tournait autour de son père. Et que la maladie dépistée trop tard chez son père, le Syndrome de Marfan, responsable de sa mort, est génétique. Et que Léa et sa sœur en sont porteuses. Le basket est désormais interdit, trop dangereux.

     Léa se perd complètement et ne pense qu'au basket pour échapper à sa peine et à tous ses rêves qui se sont effondrés. Mais le nouveau coach (son parrain et meilleur ami de son père) ne veut pas d'elle sur le terrain à cause de Marfan.

     Elle joue quand même, auprès de jeunes d'une cité dans laquelle habite sa meilleure amie. Elle y fait la connaissance de Tony (Anthony), un jeune homme qui la trouble et qui joue super bien au basket. Elle est si douée que les garçons l'acceptent et la surnomment Air Léa. Et elle, elle ment, elle s'invente un monde dans lequel son père est vivant et où Marfan n'existe pas. Elle en oublie sa sœur et sa mère.

Un roman touchant qui nous parle d'une maladie génétique peu connue et mortelle quand elle n'est pas dépistée à temps, voire handicapante.

     C'est touchant de voir Léa sombrer, perdre ses rêves et son père. Elle devient égoïste à cause de sa peine, mais c'est compréhensible. Ses deux pertes étaient toute sa vie. Peut-être une occasion pour elle de redécouvrir les autres et notamment sa mère et sa sœur.

     Léa surmonte le peine via la colère. Elle ne prend pas les bonnes décisions mais impossible de lui en vouloir. Pas une fois nous n'avons l'impression que ces choix sont dus aux ressorts de la narration (pour la relancer, la complexifier et autre.)

Un livre que j'ai vu plusieurs fois passer avec de très bons retours. J'ai donc voulu sauter le pas et le découvrir aussi. Je l'ai demandé à PKJ et encore merci à eux pour ce SP. Une très belle histoire sur une maladie génétique, le basket, l'adolescence et ce qui s'en rattache (les premiers émois, l'opposition avec les parents, les expériences, la scolarité, les amis...), le deuil et sa gestion, les rêves, les sacrifices, les différences sociales... Un livre qui marque et qui reste en tête. Puissant.

Marion (Source image : les éditions PKJ. Retrouvez le livre sur leur site : Le syndrome du spaghetti.)

Publié dans Jeunesse - Adolescents

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M
Une belle lecture pour ado à apprécier aussi quand on est adulte. Il doit être un peu triste tout de même...Merci pour ton ressenti
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M
Il se lit très bien : pour ado et pour adulte. J'avais hésité à y aller malgré les bons avis jusqu'au retour d'un libraire qui l'a extrêmement bien vendu. Je ne regrette pas. Il est triste mais il n'est pas du tout plombant.