Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin (2018)

Publié le par Marion L.

Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin (2018)

" Pourquoi va-t-on vers des livres comme on va vers des gens ? Pourquoi sommes-nous attirés par des couvertures comme nous le sommes par un regard, une voix qui nous paraît familière, déjà entendue, une voix qui nous détourne de notre chemin, nous fait lever les yeux, attire notre attention et va peut-être changer le cours de notre existence."

Après mon coup de cœur pour "Les oubliés du dimanche", je me devais de lire son second, sans même en lire le résumé (je le fais souvent.) Si vous n'êtes pas comme moi, voilà de quoi il parle.

     Violette Toussaint a connu plus d'une vie. Aujourd'hui elle est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Seule, car son mari a disparu depuis de longues années. Elle est dans son élément dans ce cimetière. Elle est calme et à l'écoute. Les gens s'arrêtent chez elle pour y boire quelque chose, discuter, passer un moment... comme un havre de paix face à la douleur et la perte. Et toute cette douceur se retrouve dans tout le livre.

Plusieurs destins, plusieurs "époques". Des flash-back nous font découvrir le passé des personnages, pourquoi ils en sont là, ce qu'ils ont vécu.

     Nous avons Violette, sa rencontre avec Philippe Toussaint, son premier poste de garde-barrière, et tout ce qui l'amène - événement ou rencontre - jusqu'à ce cimetière. Nous avons Philippe, d'abord vu à travers le regard de Violette. Puis nous le découvrons vraiment.

     Il y a aussi Irène et son amour contrarié. Une histoire qui se découvrira sous la forme d'un journal. Et comme elle a décidé d'être placée près de son amour à sa mort, Julien, son fils, policier à Marseille, rencontre Violette.

Et il y a le drame et tous les protagonistes impliqués.

"- Des drames, il y en a tout autour de vous, chaque mort est le drame de quelqu'un." (page 48)

Plusieurs destins, tous confrontés à la perte, à un malheur, à un amour contrarié, à des peurs, des blessures intérieures. Et malgré cela, ils se reconstruisent, bandent leurs plaies, même si la guérison n'est pas facile et pas toujours évidente.

     Ce n'est pas un coup de cœur comme son précédent, mais nous retrouvons cet aspect humain, cette écriture assez poétique. Ce n'est pas un feel-good, plutôt un roman dramatique. Nous sommes frappés par le drame et comme eux, en même temps qu'eux, nous guérissons, nous évoluons, nous nous apaisons.

La quatrième de couverture dit : "un hymne au merveilleux des choses simples", et c'est exactement ça. Tout en tendresse malgré quelques violences.

Marion

"Un homme de 55 ans, mort d'avoir trop fumé. Enfin, ça, c'est ce qu'ont dit les médecins. Ils ne disent jamais qu'un homme de 55 ans peut mourir de ne pas avoir été aimé, de ne pas avoir été entendu, d'avoir reçu trop de factures, d'avoir contracté trop de crédits à la consommation, d'avoir vu ses enfants grandir et puis partir, sans vraiment dire au revoir. Une vie de reproches, une vie de grimaces. Alors sa petite clope et son petit canon pour noyer la boule au ventre, il les aimait bien." (page 38)

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