Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer (2017)

Publié le par Marion L.

Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer (2017)

La seconde guerre mondiale arrive à sa conclusion avec la défaite d'Aldof Hitler, retranché dans un bunker avec ses hauts dirigeants.

     Sébastien Spitzer parle de ces derniers jours à travers deux mondes : celui de Magda Goebbels, première dame du IIIe Reich, enfermée avec Hitler, son mari et ses enfants ; et celui des rares survivants des camps. Les deux sont liés par un personnage peu connu qui a demandé beaucoup de recherches à l'auteur : Richard Friedländer.

     Friedländer a écrit des lettres à sa fille dans lesquelles il lui parle de lui, d'eux, de leur lien de parenté pour qu'elle le sauve, qu'elle l'aide, qu'elle se souvienne. Raflé parmi les premiers juifs il connaît l'horreur des camps alors qu'elle, elle a tout fait pour atteindre le sommet. Hitler lui mange dans la main, elle est puissante.

     Ces lettres sont inventées mais se veulent un témoignage fidèle de cette période. Et elles passeront de main en main, comme un cri du peuple juif pour qu'elles atteignent Magda et qu'elles la blessent.

"Vous étiez une bonne pianiste mais, comme comédienne, vous êtes sans conteste la meilleure ! J'ai lu toutes les lettres de Friendländer. J'ai recopié dans un carnet ses appels, ses suppliques. J'ai vu son histoire défiler. Comment avez-vous pu fermer les yeux ? Comment avez-vous pu garder le silence ? Je sais que je vais mourir. Non pas à cause de cette lettre, ni de celles que j'ai recopiées, ni des fautes d'orthographe que j'ai laissées dans la correspondance de ce cochon d'officier allemand, ni pour la tache d'encre que j'ai faite ce matin sur mon pupitre, ni pour tout ce que je pourrai faire, non. Je vais mourir parce que je suis un homme né d'un homme et d'une femme qui priaient un autre Dieu que le leur, d'une mère qui pétrissait le pain autrement qu'eux.

Je vais mourir. Et beaucoup d'autres mourront comme moi. Vous avez laissé faire. Je jure que je crèverai le voile de vos mystères, de vos hontes cachées, de votre ignominie. Je m'appelle Markus Katz. C'est le nom que mes parents m'ont offert quand je suis né. Je porte le nom de mon peuple. Je suis le Juif Markus Katz. Et je serai votre chat noir, celui qui hantera le reste de vos nuits, puisque vous possédez le jour. Ce serment, je le fais par mon sang dont j'ai trempé cette plume. Vous lirez ces lettres que vous n'avez pas voulu lire. Vous n'effacerez jamais la mémoire de nos pères." (pages 236-237.)

     L'auteur a cherché à être au plus proche de la réalité. Que ce soit les passages dans le bunker, le suicide d'Hitler, les capsules de poison ; et les prisonniers massacrés par les soldats allemands, enterrés par les civils du coin afin d'effacer les preuves avant l'arrivée des forces américaines.

     Lors de ces passages, il y a le rouleau qui contient les lettres, récupéré par Judah qui échappe à l'incendie. Il a été placé là avec les autres, dans une grange offerte généreusement aux soldats allemands pour brûler les juifs.

     Judah y rencontre une mère et sa fille. C'est l'occasion aussi de parler d'elles, la première qui devait divertir les soldats, la préférée du chef de camp, prête à tout pour protéger Ava, sa fille. Ava, née dans le camp, habituée à se cacher pour survivre, à se faire discrète.

     Et il y a les soldats américains qui découvrent les charniers, sauvent ceux qu'ils peuvent, prennent des photos en témoignage.

L'écriture rend toutes ces scènes d'horreur un brin irréelle, avec un aspect onirique. Je voulais le lire suite à l'avis de Manou sur son blog. Merci à elle de me l'avoir fait découvrir par ce biais. Je vous invite à lire son retour - beaucoup plus détaillé que le mien - en cliquant sur le lien : Ces rêves qu'on piétine.

Marion (Source image : librairie Durance.)

Publié dans Historique

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M
Merci pour le clin d'oeil ! Je suis en pause vacances mais comme ma petite famille n'est pas encore là j'en profite pour venir te lire. Je suis contente que tu aies aimé ce livre. C'est un auteur que je continue à lire. D'ailleurs je viens d'emprunter "la fièvre" à la médiathèque. Passe une belle fin d'année malgré le contexte pas facile à vivre. A très bientôt
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M
Mais de rien. J'ai profité de pouvoir lire des livres de la médiathèque pour lire ceux que j'avais repérés sur son blog ^^.<br /> Passe de bonnes fêtes avec ta famille et profite bien de cette pause vacances.