La femme parfaite de JP Delaney (2020) SP

Publié le par Marion L.

La femme parfaite de JP Delaney (2020) SP

Abbie a disparu, considérée comme morte pour la majorité. Accident ou meurtre ? La question est posée... un thriller psychologique prenant, par l'auteur de "la fille d'avant". Merci aux éditions Mazarine (Fayard) et Netgalley pour ce SP en avant-première. Il sort le 7 octobre.

     Son mari, principal suspect au moment de la disparition, est un génie de l'informatique et le patron d'une boîte dans ce domaine. Son équipe et lui programment des IA, des chatbots aux robots.

     C'est grâce à ses connaissances et ses recherches qu'il a créé Abbie, ou plutôt, la nouvelle Abbie.

     Elle est une sorte de robot de nouvelle génération dans lequel Tim a téléchargé tout le contenu d'Abbie, la vraie : texto, voix, réseaux sociaux... Elle a donc ses souvenirs et par ce biais, sa personnalité. Elle est aussi douée d'empathie. Une presque parfaite réplique, qui, grâce à ses capacités d'adaptation et d'analyse, comble les trous.

Beaucoup de choses dans ce thriller psychologique. Même si, l'auteur le dit lui-même, c'est avant tout un thriller psychologique.

     Car nous suivons la nouvelle Abbie dans son enquête sur l'ancienne Abbie. Elle cherche à comprendre qui elle était et ce qui lui est arrivé. Elle observe Tim, surtout lorsqu'elle trouve des téléphones ou tablettes que l'autre Abbie a laissé derrière elle. Pourquoi ?

Il y a donc cette tension. Tim est-il l'homme amoureux qui a créé ce robot pour ne plus vivre sans sa femme ? Ou cache-t-il un sombre secret ?

     Nous voyageons dans le temps entre le présent à la deuxième personne du singulier : qui parle ? Et le passé qui nous raconte la rencontre entre Abbie, l'artiste, et Tim, le geek.

     Il y a aussi Danny, leur fils. Un personnage qui - à travers sa propre histoire familiale - doit être important pour l'auteur. Car Danny est autiste. Il est atteint d'une maladie rare qui installe l'autisme chez l'enfant au bout de quelques années. Abbie et Tim ont essayé différentes méthodes, dont la méthode ABA. Grâce à ce livre j'en ai appris beaucoup sur tout ça.

     Je n'ai pas pu m'empêcher de voir la question de l'humanité derrière ce thriller, ce qui fait que vous êtes humains ou non. Abbie se pose la question. Car si c'est l'empathie, Danny n'est pas humain, elle si. Pourtant, la réaction du monde face à son existence est violente. On la rejette comme étant une machine, et non quelqu'un. Sauf que le moins humain dans cette histoire est sans doute un autre personnage... mais je ne dis rien.

"Et Danny ? te demandes-tu. Est-il plus ou moins humain que d'autres ? Certains pourraient qualifier sa psychorigidité, son amour des horaires et son absence d'imagination de robotique. Quand des gens évoquent leur "humanité", ils font référence à leur empathie, à leur compassion, à leur code moral. Mais, évidemment, Danny n'est pas moins humain parce qu'il ne possède pas ces qualités. Il est humain d'une autre façon, voilà tout : c'est un être qui possède un ratio psychorigidité/empathie inhabituel.

Le véritable critère pour évaluer l'humanité d'une personne, songes-tu, c'est peut-être son attitude vis-à-vis des êtres comme Danny. Cherchera-t-elle aveuglément à les "réparer" pour qu'ils ressemblent aux autres, ou bien acceptera-t-elle leur différence pour faire en sorte que le monde s'y adapte ?" (page 379 sur liseuse.)

En bref, un thriller psychologique réussit. Car ce n'est pas parce qu'Abbie est une "machine" qu'elle ne nous touche pas, que nous ne la sentons pas en danger, que nous n'avons pas d'empathie pour elle. A découvrir.

Marion (Source image : les éditions Mazarine/Fayard. Retrouvez le livre sur leur site : la femme parfaite.)

Publié dans Policier-thriller

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M
Un thriller qui a l'air très prenant ! Merci beaucoup pour cette présentation enthousiaste qui donne envie de le lire...
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M
Merci à toi pour ton message.