Heureux qui comme Alyce 1 : a fait un beau voyage de Jérémy Bouquin (2020) SP

Publié le par Marion L.

Heureux qui comme Alyce 1 : a fait un beau voyage de Jérémy Bouquin (2020) SP

Une réadaptation du mythe d'Ulysse, de sa bataille à Troie et de son long retour, dans un univers post-apocalyptique à la Mad Max, avec des bikers et une importance cruciale de l'essence.

     Alyce a quitté son compagnon Ego et son fils TélémaK pour combattre à Trois. Voilà 10 ans qu'elle est partie et dans le village où elle s'était installée avec sa meute (ses loups), on l'a attendue. Mais 10 ans c'est long et Ego passe tranquillement à autre chose, envisage un nouveau mariage. Ce que ne lui pardonne pas son fils.

     Comme Pénélope, il a construit un ouvrage pendant 10 ans en se jurant de passer à autre chose une fois terminé.

     Trois parties : la première se passe dans le "présent". Alyce est enfermée dans une prison sordide, comme trophée. Elle est dangereuse et intelligente, elle fait peur. Pendant ce temps là, à Civaux, sa famille l'a attendue 10 ans et le mariage se prépare. Nous y découvrons l'univers post-apocalyptique au compte-goutte.

Nous comprenons qu'il y a eu une catastrophe, un black-out, qui a plongé le monde dans le noir. Et que la terre est polluée, ce qui rend la survie incertaine avec une pénurie d'eau potable, de nourriture ; qu'il y a des pluies acides, des catastrophes nucléaires ; mais aussi une pénurie d'essence, des gangs et la loi du plus fort.

     Alyce fait partie des darons et elle commande les loups. Les darons sont des bikers. Et l'univers est sombre et violent.

     La deuxième partie s'intéresse à Trois. Et la dernière alterne entre le retour d'Alyce, d'Achylle et des autres, et le présent.

     Le mythe est réécrit, les noms à peine changés, les épreuves adaptées à ce monde (ex : celle du cyclope et du "je suis Personne" qui est très bien trouvée.)

L'auteur a réussi à créer un monde puissant. Il est sombre, il est "dark", il est violent et sans espoir. Une superbe idée et les trouvailles d'adaptation sont sublimes. De quoi en faire un coup de génie.

     Il va encore plus loin car il adapte le vocabulaire et l'écriture à ce monde (il faudrait que je vérifie si ce n'est pas son écriture "normale"). Ce qui plonge à coup sûr le lecteur dans ce monde Mad Maxien. Les armes, par exemple, sont des sulfateuses et ça parle bécane. L'écriture est hachée et ne fait pas narrative.

     J'ai eu beaucoup de mal à expliquer. Pour ça, j'ai fait regarder la nouvelle pub "PMU", un bon exemple dans le ton, le côté haché. Par exemple, au lieu de dire "le livre est séparé en trois parties. La première s'intéresse à Alyce, disparue depuis 10 ans...", il dira "Trois parties. La première, c'est Alyce, la disparue. Depuis 10 ans maintenant."

     Ce qui apporte beaucoup à l'ambiance et à la création de ce monde. Mais qui hachure la lecture. J'ai mis six jours à lire les 446 pages (sur liseuse). Pour ceux qui ne me connaissent pas, 440 pages, les jours où je travaille, c'est entre deux et trois jours. Moitié moins.

Ce qui fait que j'ai adoré ses idées, son univers, son monde, sa version d'Ulysse, mais que j'ai eu beaucoup de mal avec l'écriture. Tout en étant consciente qu'elle apporte quelque chose et participe activement au reste. Essayerai-je le deux ? Je ne sais pas encore, même si je suis curieuse d'en savoir plus.

Marion (Source image : Evidence éditions. Retrouvez le livre sur leur site-boutique : Heureux qui comme Alyce.)

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