Les infortunes de la Belle au bois dormant 2 et 3 d'Anne Rice

Publié le par Marion L.

Les infortunes de la Belle au bois dormant 2 et 3 d'Anne Rice

    Le premier racontait le viol de Belle (il faut le dire) par le Prince. Ainsi que sa condition d'esclave sexuelle du Prince une fois revenus dans son royaume (les royaumes vaincus par la Reine doivent donner un tribut, des princes et des princesses qui deviennent esclaves pour leur bien.)

     Au château, elle et les autres subissent des tortures etc. Au point qu'au bout d'un moment la lecture devenait très difficile et m'a semblé inutile (pourquoi continuer ?)

     Après plus d'un an, j'ai décidé de redonner sa chance à Anne Rice que j'aime beaucoup par ailleurs. Une fois la crainte de cette suite passée, j'ai pu y aller.

     En effet, les sévices au château me paraissaient inhumains et difficiles à affronter. Or, la Belle désobéit consciemment afin d'être envoyée en punition au village (pour être avec le prince Tristan.) Or, il est répété qu'il s'agit d'une vraie punition, que le village est horrible, les villageois violents… ce qui me faisait redouter une énorme escalade dans la violence...

Tome 2 : la punition

Par curiosité, je suis allée voir des avis de ce tome 2 sur Babelio et ce qui revient souvent est que ce 2 semble meilleur que le premier.

     Comme dit en intro, j'avais peur qu'il y ait une escalade de la violence avec ce tome 2 et… bah non. Il se passe toujours des choses ignobles que les personnages supportent difficilement (au début), mais la violence gênante du premier n'est plus là (ou très peu.) Surtout que Belle et Tristan y prennent plaisir et savourent, là où ils ne faisaient que subir dans le premier.

Ce qui ne fait pas de ce tome 2 un super roman, mais un roman meilleur que le premier. Et encore une fois, je me pose cette question : où va-t-elle ? Pourquoi ?

     Le tome 2 permet une confrontation de deux univers entre les nobles qui sont violents mais n'aiment pas vraiment et ne se font pas forcément aimés en retour et qui ne savent pas être de bons maîtres (d'anéantir toute volonté, c'est bien connu) et les villageois censés être frustres et "sanguinaires" (bon ok, Belle et Tristan sont achetés par la haute bourgeoisie du village) sont de bien meilleurs maîtres, punissent avant tout pour le bien de l'esclave (tout est relatif) et non pour leur perversion seule, au point de pouvoir aimer et être aimé en retour. (Il s'agit d'une très longue phrase semée de commentaire, entre vous et moi.)

     Je ne sais s'il y a un discours derrière tout ça, mais j'ai plus l'impression qu'il s'agit d'adultes consentants que dans le premier. Il y aurait même un peu de tendresse.

Je n'ose trop m'avancer dans les enjeux, je vais tenter le 3 en espérant y trouver un intérêt (avis aux amateurs de sadomasochismes pour celui-ci.)

Tome 3 : La libération

Trilogie achevée pour une réadaptation du conte de Perrault en format érotique (pour ne pas dire porno) avec des jeux de cruelles soumissions.

     Dans ce tome, Belle, Tristan, Laurent et d'autres, se retrouvent à la cour du Sultan suite à leur enlèvement. Ils y découvrent une autre manière de traiter les esclaves. Ici, ils ne sont plus des Princes ou des Princesses, ni même des humains. Ils ne doivent pas parler et se soumettre en tout. S'ils désobéissent ou déplaisent ils pourraient faire partie de cette multitude d'esclaves ficelés pour rester droit afin de passer pour des statues et décorer des arches.

     Dans ce palais, Belle et les autres prennent des chemins différents. Tristan et Laurent sont des objets de désir pour les hommes et Belle côtoie les femmes.

     C'est l'occasion pour elle de ressentir (l'espace d'un instant) une haine pour les hommes car ces femmes sont moins bien loties qu'elle. Elle peut jouir autant qu'elle veut, les femmes du Sultan, elles, ne peuvent pas ou difficilement à cause des mutilations.

Anne Rice arrive, à ce moment, à nous faire ressentir que le statut d'esclave sexuelle est préférable (dans cet univers où ces esclaves y prennent beaucoup de plaisir.)

     Pour le reste, une fois cette trilogie finie, je ne vois toujours pas le petit plus… Même si les tomes 2 et 3 sont plus philosophiques et que les personnages se questionnent, réfléchissent à leur statut d'esclave. Il y a un discours sur la peur et son acceptation. Ils vivent les choses beaucoup mieux lorsqu'ils les acceptent et dépassent des sentiments comme la peur ou l'orgueil. Ils se donnent à d'autres, en choix et en libre conscience, ce qui les rassure et forme autour d'eux un cocon de sécurité.

     Parfois, ils ont des difficultés à affronter ce qu'on leur demande, notamment dans le regard des autres, mais ils le prennent toujours comme une bonne leçon. Une façon de devenir meilleur (esclave) et de contenter leur maître (leur objectif suprême.)

     Je ne recommanderai pas forcément la lecture, sauf si vous êtes adeptes de ce genre de littérature érotique. De mon côté ce n'est pas trop mon genre et j'ai préféré les tomes 2 et 3 car ils proposent autre chose. Anne Rice ne va pas assez loin dans le philosophique à mon goût pour que ce soit vraiment utile (comme dans le texte de Sade "philosophie dans le boudoir") de zapper les scènes de sexe pour lire le reste. Et puis, elle rend le tout indissociable, vous ne pouvez pas saisir tous les propos si vous ne savez pas ce que vivent les personnages.

Une trilogie écrite à la fin des années 90... cela peut-il être une piste de lecture ?

Marion (Source des images : librairie Durance)

"La peur n'a d'importance que lorsque vous avez le choix. Ou une certaine maîtrise sur les choses" (pages 203-204 sur ma liseuse)

Publié dans Erotique

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M
Je t'avoue que je n'en ai pas du tout envie mais j'ai lu ton avis avec intérêt et il faut aussi connaître ce genre de littérature. J'avais bien aimé à une période de ma vie découvrir Anaïs Nin et autres auteurs connus qui se sont lancés eux-aussi dans des récits érotiques. En plus c'était bien écrit ! Bon week-end
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M
Il faut aimé ce genre de littérature pour y aller. Je m'y mets un peu car la demande devient de plus en plus forte en médiathèque mais… ce n'est pas forcément avec un grand plaisir ^^. Pour cette trilogie j'espérais qu'Anne Rice saurait m'entraîner mais… non. Du coup je comprends complètement.