Maléfices 3 de Maxime Chattam (2005)

Publié le par Marion L.

Maléfices 3 de Maxime Chattam (2005)

Une trilogie que j'avais lue à sa sortie, début 2000, et qui m'a fait découvrir Maxime Chattam. Une véritable pépite (découvrez les articles des tome 1 : l'âme du mal ; tome 2 : In tenebris, en cliquant sur les titres).

     Portland, Oregon. Joshua Brolin est devenu détective privé depuis ses deux dernières enquêtes.

     Dans la forêt, plusieurs personnes sont mordues par des araignées. Ce qui n'a rien d'anormal en soi. Jusqu'à ce qu'un premier corps soit découvert, le visage déformé par une grimace de peur absolue. Joshua intègre l'enquête.

     Car les choses ne s'arrêtent pas là. Des araignées sont retrouvées chez des particuliers. Puis, des femmes disparaissent la nuit alors que rien n'a réveillé le mari à côté d'elles. Et qu'un corps est retrouvé dans un cocon...

     Annabel O'donnell que nous avons rencontrée dans "In Tenebris" aide Joshua. Le tueur semble se comporter comme une araignée géante. Comment s'y prend-il ? La psychose grandit.

Pour une arachnophobe comme moi, ce livre est très fort en émotion. Car quel tordu aurait l'idée d'utiliser des araignées pour tuer ? Maxime Chattam lui-même semble s'être fait cette réflexion car il le fait dire à l'un de ses personnages.

"- La même chose que ce qu'on trouve de plus en plus en ville… des araignées.
- Quel intérêt ? S'étonna Annabel. Qui s'amuserait à jouer avec ces créatures ? Il faut être particulièrement perfide pour imaginer un plan pareil !" (page 82)

     Comme pour les autres tomes, nous sommes happés par l'enquête. Grâce à Joshua, profiler, nous entrons dans la tête du tueur, et ce n'est pas un voyage sans conséquences. Ni pour nous, ni - encore moins - pour lui.

     Grâce à ses connaissances en médecine légale, il rend les meurtres et les techniques d'enquête assez réels. Les autopsies, la recherche d'indices, les procédures d'enquête, et la construction d'un profil psychologique. Tout cela prend du temps, se construit avec les indices, et Maxime Chattam le rend très bien.

     Et cette fois, il place tout cela dans une autre terreur humaine : les araignées. Car avec cette trilogie du mal, Maxime Chattam nous offre une plongée dans l'esprit malsain de l'homme, dans ce qu'il est capable et dans les peurs profondes des gens. Car l'homme est notre pire ennemi, notre prédateur ultime. Même si les araignées entrent dans la danse - car elles inspirent la peur - l'homme reste le danger.

"- Vous savez, l'homme a tendance à ne pas trop y songer, mais il aurait suffi qu'une infime portion de la population arachnéenne ait atteint à peine la taille d'un chat, pour que notre espèce toute entière ait disparu, entièrement dévorée par ces prédateurs parfaits." (page 235)

Une idée perchée mais bien traitée (trop bien ?) Il nous offre un roman très prenant et une conclusion du cycle Joshua Brolin qui nous laisse sur notre faim.

     Un jour, une connaissance m'a demandé conseil. Elle n'avait pas réussi à apprécier cet auteur mais voulait insister. Je lui ai conseillé cette trilogie et ça a été le coup de cœur. Comme je disais en intro, je l'ai déjà lue, et j'ai gardé le même plaisir de lecture.

     L'enquête est prenante et les personnages sont supers. Il a aussi une écriture (il fait de longues phrases, ce que nous retrouvons peu aujourd'hui) et une manière de raconter (attaché aux détails et à la psychologie de tous, même des personnages secondaires) qui rend son texte vivant et très visuel.

Et la trilogie alors ?

En bref, une trilogie à essayer. Attention toutefois, il n'épargne pas ses victimes, surtout dans les deux premiers. Il y a des scènes qui pourraient ne pas convenir aux personnes sensibles. Elles ne sont pas gratuites, elles sont là pour montrer toute l'horreur de ce qu'un homme est capable et sont bien inscrites dans l'histoire, mais elles sont violentes (surtout pour les femmes.) Elles sont là mais l'important reste l'histoire.

Et je laisse le mot de la fin à Maxime Chattam :

"En effet, il est un élément qui n'aura pas échappé à certains et qui concerne le "tout", la trilogie dans son ensemble, en particulier défini au travers du choix des saisons.

L'âme du Mal se passe pendant l'automne, c'est un roman mélancolique, c'est l'histoire d'une mort, la chronique d'une nostalgie annoncée… In Tenebris prend place pendant l'hiver, on y découvre un nouveau Brolin, un fantôme parmi les vivants où les émotions sont en berne, c'est avant tout l'histoire d'une stase… quant à Maléfices, vous l'avez lu, il se déroule à la fin du printemps (le final a lieu le 21 juin, date hautement symbolique, bien sûr, du passage à l'été…), c'est un nouvel espoir, le cheminement vers le soleil… C'est certes simple, mais direct. Pour quand le dernier roman de la série, la dernière saison, pourriez-vous me dire ? [là, on crie "oui ! un autre ! un autre !"] Jamais. [Là on pleure et on se roule au sol.] L'épilogue de Maléfices en est un prologue évident.

Il appartient à chacun de vous, désormais, d'en écrire la suite." (page 639)

Marion

Publié dans Policier-thriller

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