Start-up mania de Michel Turin (2020) SP

Publié le par Marion L.

Start-up mania de Michel Turin (2020) SP

Sous-titre : "la French Touch à l'épreuve des faits". Reçu dans le cadre de la dernière masse critique de Babelio. Merci à eux et aux éditions Calmann-Lévy pour ce SP.

     La start-up mania, l'ère des start-up. Elles poussent comme des champignons, inventent leur propre économie et cherchent à devenir ce qu'ils appellent des "licornes".

     Les licornes sont les start-up star comme Uber. En France, nous n'en avons que trois : Blabla car, Criteo et Doctolib. Les autres n'arrivent pas à atteindre ce niveau, parfois trop soumises aux lois des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). En France nous ne sommes pas encore au niveau.

"La France est loin d'être un leader du passage vers l'économie numérique (DESI), la France est dix-huitième sur vingt-huit en Europe. Elle se situe entre la République Tchèque et la Lettonie en matière de développement de l'économie numérique. Nous ne sommes que vingt-troisième pour le développement de l'Internet rapide. L'économie numérique française reste un nain à l'échelle mondiale, alors même que la frénésie générée par la start-up nation frise parfois le ridicule. Il est temps de revenir sur terre et d'admettre que nos GAFA à nous sont des entreprises comme LVMH ou L'Oréal." (page 168)

     Michel Turin nous fait un état des lieux des start-up, notamment en France. Il nous parle de cette fascination des start-up comme nouveau modèle cool dans lequel il faut se précipiter car "si on n'a pas créé une start-up à 30 ans, c'est qu'on a raté sa vie." Mais on peut aussi rater sa start-up. Et beaucoup le prouvent.

     Un engouement d'une génération, les Millenials. Qui bouscule les codes pour inventer les siennes. Même si, au fond, ce n'est pas si révolutionnaire que ça. D'autres parleraient d'entreprenariat.

     C'était intéressant de découvrir le fonctionnement économique des start-up. Vous trouvez votre idée (ou on vous aide), vous lancez votre start-up et cherchez les financements. Le système fait la part belle aux financements. Ils ont un nom : les angels venture. Et ce sont des millions qui sont collectés. Des investissements à l'aveugle.

"Jean-Marc Patrouillaud, co-dirigeant du fonds de capitale -risque Partech Ventures, acteur historique réputé du venture capital à Paris qui fait partie des dix meilleurs fonds de capital-risque dans le monde, établit un parallèle entre son métier et celui des commerçant armateurs du XVIe Siècle en Europe. "Ils finançaient les grandes expéditions maritimes sans aucune garantie de profit [...]"" (page 231)

     Il y a même des incubateurs pour start-up qui naissent. Des bâtiments leur sont loués, ou plutôt des mètres carrés d'espace de travail, en coworking. Avec la panoplie des bons start-uppers : babyfoot etc.

Un vrai business parallèle, car ce ne sont pas les créateurs qui s'en sortent le mieux dans toute cette histoire.

"A qui profitent finalement les start-up ? Pas à ceux que l'on croit, c'est-à-dire à ceux qui sont directement concernés, les fondateurs de start-up, mais à ceux qui rôdent autour d'eux." (page 250)

     Il compare d'ailleurs ce système à la ruée vers l'or avec les vendeurs de pelles et de pioches. Ces derniers avaient acheté l'ensemble des pelles et des pioches avant la ruée vers l'or. Une fois celle-ci lancée, ils étaient les seuls à détenir le matériel et pouvaient le revendre à prix d'or.

     Je rangerai ce livre en économie, plus qu'en documentaire sur le numérique. Car c'est orienté étude des start-up sous le prisme de l'économie (même si c'est plus large en terme d'informations). En tout cas, le parallèle avec la bulle d'Internet qui a explosé est une bonne conclusion à tout ce qu'il a démontré et révélé.

"Les fondateurs de start-up en France vendent leurs entreprises beaucoup trop tôt. La plupart des bébés techno ne deviendront jamais des PME ou des ETI. Les start-up françaises sont nées avec une cuillère en… argent dans la bouche : les financements abondent quand elles paraissent. Mais les attentions dont elles ont été l'objet au berceau ne suffiront pas à les faire grandir." (page 162.)

     Voici un document assez accessible. Je pense avoir tout compris, ou presque (je vérifierai avec un interlocuteur qui s'y connait mieux que moi en start-up, et de loin.)

     Il y a beaucoup de données, de nom de start-up, de financeurs ou de nom de personnes qui gravitent. J'en connaissais quelques uns. En tout cas, lorsqu'ils revenaient plusieurs fois, cela m'aidait à savoir qui ils étaient, contrairement à des noms cités une seule fois en même temps que d'autres (comme une liste), que j'ai oubliés (du coup) dans la seconde. Mais cela dresse un bon état des lieux.

     Le seul vrai défaut que je lui ai trouvé : sa syntaxe. Il fait des phrases inutilement compliquées, voire parfois un peu maladroites. J'ai, de temps en temps, dû relire certaines phrases. Je choisis la simplicité pour m'expliquer : je vous donne un exemple :

"On n'est pas obligé de partager les idées de Frédéric Lordon qui situe le Parti socialiste à droite de l'échiquier politique, compare Alain Finkielkraut à Pol Pot et a été un des initiateurs de Nuit debout, d'après lui "l'ultime tentative de soulèvement gentil", mais on peut partager son humour quand l'économiste et philosophe, qui se réfère plus volontiers à Spinoza qu'à Marx, livre son analyse de la sociologie de la Tech." (page 63)

Mis-à-part ça, un documentaire enrichissant sur l'univers des start-up qui donne à réfléchir.

Marion (Retrouvez le livre sur le site éditeur de Calmann-Lévy : Start-up mania.)

"Quand tout le monde rêve de créer sa start-up, c'est que les choses ne vont pas tarder à se gâter." (page 298)

Publié dans Documentaire

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M
Il faudrait sans doute que je le lise mais c'est vrai qu'à priori cela ne me tente pas trop vu le sujet :) Tu fais bien de souligner ce problème de syntaxe, c'est vrai qu'on attend plus de simplicité d'un ouvrage documentaire :) Merci en tous les cas de nous en parler
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M
J'étais mitigée à le demander mais j'ai un compagnon qui travaille dans ce domaine et j'ai pensé à nous deux sur ce coup. A moi qui allais apprendre des choses et à lui qui pourrait le lire aussi.<br /> Certains sont vraiment doués car tu comprends tout et tu prends plaisir à lire. Là c'est intéressant mais il est moins auteur que d'autres. Je suis donc assez d'accord avec toi ^^.