L'art du meurtre de Chrystel Duchamp (2020) SP

Publié le par Marion L.

L'art du meurtre de Chrystel Duchamp (2020) SP

"L'art du meurtre" : Art ? Meurtre ? Ou amour de l'art ? Posez-vous la question à la fin de votre lecture…

     Audrey Durand est lieutenant de police à Paris au célèbre 36. Blessée par la vie elle se retrouve sur un fil tendu par l'alcool et la drogue. Un fil du rasoir qui pourrait la perdre. Et l'enquête qui s'annonce la ramène à sa passion première : l'art. Ce vers quoi elle se dirigeait avant la mort de son père, flic comme elle à présent. De quoi soigner ses démons ? Ou la faire plonger pour de bon ?

      Car elle est appelée suite à la découverte d'un premier corps : Franck Tardy, avocat et grand ténor du barreau à la retraite. Un homme de la bourgeoisie parisienne qui collectionne des tableaux, notamment Yves Klein, Picasso, Matisse...

L'homme est retrouvé nu, assis à une table devant un crâne humain. Il a visiblement été torturé. Pourquoi ? A cause de ses penchants sadomasochistes ? De sa violence sexuelle ?

     L'équipe d'Audrey enquête sur cette piste. Jusqu'à ce qu'un second corps soit trouvé. Celui d'un autre homme de la bourgeoisie parisienne, dentiste en activité et collectionneur d'art également. Et si la piste de l'art était la bonne ?

Plongée intéressante dans le monde de l'art contemporain. Avec ses normes, ses cotes et son fonctionnement.

      Car pendant son enquête elle fera la connaissance d'un marchand d'art et ira voir des performances d'artistes parfois très controversés.

      L'art figuratif perd du terrain au profit des performeurs comme cet artiste qui vend des morceaux de lui-même. Une mise en scène macabre au nom de l'art. Jusqu'où peut-on aller ?

     L'enquête avance son petit bonhomme de chemin, en douceur. Pas d'autopsie sanglante qui donne des indices, une police scientifique qui résout tout… un roman policier basé sur la déduction de son héroïne.

      Une héroïne torturée qui échappe à sa douleur dans la drogue, l'alcool et les relations d'un soir. Un leitmotiv qui revient dans les policiers. Un agent blessé par la vie, qui fait un travail contraignant, qui n'a pas le temps ni la force morale suffisante pour construire une vie personnelle. Et qui, au final, ne vit que pour son travail.

     Moi qui lis principalement des thrillers, ai pris plaisir à retourner dans un texte plus proche du polar que du thriller. Un entre-deux assez agréable.

     Très vite nous comprenons Audrey et ses blessures. Ainsi que ses éclats de colère, surtout contre Patricia, son amie et son supérieur hiérarchique. Ses réactions sont cohérentes, tout comme ses trouvailles pour l'enquête.

      J'évite d'entrer dans les détails pour ne pas trop en dire. Car c'est un livre assez court et j'ai peur de vous retirer un plaisir de lecture si j'en révèle trop. Je ne dirai qu'une chose : la fin.

     Non ! Je ne vais pas vous la révéler, juste dire qu'elle m'a laissée perplexe. J'en dis "ok, pourquoi pas" et "mmh, pourquoi ?" J'aimais le mystère qui planait, je n'étais pas frustrée de ne pas savoir. Mais ça n'engage que moi, il fallait peut-être donner cette information pour d'autres.

En bref, un bon roman policier qui se lit presque d'une traite. Dans une écriture au rythme rapide qui met à l'honneur l'art, tout en dévoilant ses pratiques parfois controversées. Une bonne idée de fond qui m'a plu.

Marion (Retrouvez le livre sur le site des éditions de l'archipel : L'art du meurtre)

Publié dans Policier-thriller

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