Trois fois la fin du monde de Sophie Divry (2018)

Publié le par Marion L.

Trois fois la fin du monde de Sophie Divry (2018)

La vingt-troisième case s'ouvre… sur trois fois la fin du monde… est-ce possible ?

     Une autrice que j'aime beaucoup. Ce roman est plus romancé que les deux autres que j'ai lus précédemment (liens dans l'article.)

     Joseph Kamal est un jeune homme qui s'en sort, contrairement à son frère délinquant. Il a voulu aider Tonio, ce grand frère, en conduisant la voiture, l'aider pour son braquage. Tonio est tué par la police, Joseph est envoyé en prison.

Un lieu qui a ses propres règles, et pour survivre, il faut les apprendre vite. Un lieu qui va détruire le jeune homme innocent en lui.

     Puis tout s'arrête le jour où une centrale explose. Après le bruit, l'agitation, la promiscuité de la prison, le voilà seul survivant, seul, dans le silence de la nature.

     Sophie Divry a une écriture qui m'avait plu dans "Quand le diable sortit de la salle de bain" (étrangement, j'avais moins aimé "La Cote 400"). Elle aime les introspections de ses personnages. Elle ne se contente pas de nous raconter une histoire, elle nous invite dans la tête des protagonistes. Pour une meilleure mise en abîme ?

     Impossible de passer à côté de l'évolution de Joseph. A la fin du livre il n'est plus du tout celui du début. Trois fois la fin du monde. Effectivement, Joseph va en connaître trois, dont une fin du monde et deux fins de son monde à lui.

     Ce n'est pas utopique, d'où cette idée de fin du monde. Il affronte d'abord la prison, la barbarie humaine. Il est entouré des siens mais seul. Personne ne vient le sauver. Il doit apprendre à survivre dans cette jungle pénitentiaire, dans la douleur.

      Puis la liberté ? Pas tellement. Cette fois il doit apprendre à survivre seul, à la dure, comme autrefois. Apprendre les techniques pour se nourrir, se réchauffer… et découvrir que la survie est brutale aussi. Différente de celle qu'il a vécue, mais brutale à sa manière.

     J'aime beaucoup sa manière de mettre en scène ses personnages et de leur donner vie. L'éditeur en parle mieux que moi :

"Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l'histoire revisitée d'un Robinson Crusoé plongé jusqu'à la folie dans son îlot mental. Ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise est servi par une écriture d'une force poétique remarquable et d'une justesse psychologique saisissante."

Joseph n'était pas un voyou, la prison l'a façonné pour qu'il en devienne un, pour qu'il ait des "réflexes". Idem pour le Robinson Crusoé, la nature le formate. Mais nous, nous pourrions devenir comme lui. N'en doutez pas.

Marion (Source image : Librairie Durance)

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