Le chien de Madame Halbertstadt de Stéphane Carlier (2019)

Publié le par Marion L.

Le chien de Madame Halbertstadt de Stéphane Carlier (2019)

La vingt-et-unième case s'ouvre… sur un coup de cœur de l'ensemble de mon équipe (médiathèque). Pour un chien porte-bonheur !

     Baptiste est un écrivain "raté". Son troisième livre ne se vend pas. Il a beau passer des heures à vérifier le classement Amazon, rien ne change.

     En plus, sa copine depuis 6 ans l'a quitté pour un dentiste. Il passe donc ses journées à déprimer dans un appartement. Et à ne voir que sa mère, son meilleur ami et son ex à travers des jumelles. Jusqu'à ce que sa voisine sonne chez lui. Elle doit se faire opérer des yeux et souhaite lui laisser son chien, Croquette, un carnin.

     Au début réticent, Baptiste se rend compte que ce chien porte bonheur. Et oui, ceci :

"Sa morphologie me fascinait. Ces yeux sortant légèrement de leur orbite, ce bout de langue à l'air libre, ces pattes ridicules, cette absence de cou. Il n'y avait rien de normal chez cet animal, tout en lui était trop gros ou trop petit. Sa respiration, courte et très sonore, était celle d'une être chétif, modifié, qui manquait d'oxygène. Même sa couleur semblait hésiter entre le sable, la farine ou la cendre.

On aurait dit E.T. On aurait dit une vieille dame snob à cheval sur ses principes mais profondément bonne. On aurait dit Angéla Lansbury dans Arabesque." (pages 29-30)

Un roman très drôle. Un roman qui fait du bien. 174 pages de pur plaisir. Dans les aventures rocambolesques de Baptiste et de ce pauvre chien qui n'a rien demandé.

     La fin m'a beaucoup plu, sans que je ne puisse vous dire en quoi. Il est difficile de commencer une histoire, il est aussi difficile de la finir. L'aspect philosophique de cette fin est excellent. Elle remet en question ce qui traverse le livre (je n'en dis pas plus !)

     Baptiste est un garçon paumé mais gentil et attachant. Un homme qui n'est pas vraiment adapté à notre société actuelle. Une société qui ne lit plus les classiques mais qui consomme. Une société de réseaux sociaux :

"Elle se prenait en photo en faisant la grimace et en s'ajoutant des oreilles de chat roses, elle récoltait 5000 j'aime et des commentaires s'extasiant comme si elle avait écrit la Cinquième symphonie ou résolu le mystère de la vie sur Terre". (page 64)

"Aujourd'hui, une nana qui ne sait pas qui est Colette, qui est Gide, qui est Genet, peut écrire un livre dans sa cuisine, le publier sur Internet et en vendre 100 000." (page 108)

     C'est frais, j'aime beaucoup son humour. Il nous offre une histoire qui paraît simple : un écrivain raté se voit confier la garde d'un chien et sa vie change. Et ne pas rater un concept, ce n'est pas toujours facile. Il pousse le délire jusqu'à la dernière ligne.

Difficile de donner envie de le lire car tous les arguments que je peux avancer, tout ce qui me plaît, vous dévoileraient quelque chose, vous en diraient trop. Je n'ai donc qu'une seule chose à dire : go ! Frais, léger, court et tellement bien réussi.

Marion (Source image : librairie Durance)

Publié dans Humour, Coups de coeur

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