Arkane 1 : la désolation de Pierre Bordage (2017)

Publié le par Marion L.

Arkane 1 : la désolation de Pierre Bordage (2017)

Un dyptique captivant réédité en 2019. Avis aux amateurs de fantasy !

     Les déesses du fleuve ont envoyé sept de leurs serviteurs pour sauver sept familles de la montée du fleuve. Ainsi est née Arkane et ses sept familles dirigeantes, chacune représentée par l'un des serviteurs des déesses.

     Au fil du temps, les familles régnantes, celles qui vivent en haut, deviennent corrompues, plus attachées à leur confort et l'opulence qu'au bien-être d'Arkane et de sa population, notamment celle d'en bas, dans les Fonds.

Une menace plane et la destruction du clan du Drac, l'une des sept familles en est la preuve : l'équilibre est rompu, ce qui annonce des heures sombres.

     Oziel est la seule survivante. Elle est missionnée afin de sauver Arkane en retrouvant son frère exité dans les Fonds. Aidée par les frères de la Résurrection, elle accepte de recevoir la mécrose, une maladie qui provoque des tumeurs, des déformations putrides. Jugée comme une malédiction, la maladie condamne ceux qu'elle touche à fuir la ville, à s'attirer les foudres des autres, à l'exil.

     Oziel cherche donc à tout prix à fuir Arkane. Pourchassée, ce ne sera pas une tâche aussi aisée qu'elle le pensait, malgré des alliés inattendus.

     De son côté, Renn cherche à rejoindre Arkane pour les prévenir. Perdu dans le froid de la montagne, il est l'apprenti d'un ensorceleur de pierres. Jusqu'à ce que sa route croise celle d'un guerrier venu d'une autre contrée. D'une contrée saccagée par une armée, une armée qui se dirige vers Arkane. Il faut les prévenir.

Deux destins en parallèle pour une même mission, confrontés à des dangers multiples.

     "Arkane" a reçu le prix Imaginales 2018 et on peut comprendre pourquoi. Il n'y a rien de très original, mais l'intrigue est prenante et le livre est efficace (difficile de le lâcher.)

"Sacrifier la liberté au nom de la sécurité revient à s'enfermer soi-même en prison". (page 241)

      Il est comme la ville d'Arkane, il a plusieurs niveaux. Puisqu'il y a ces deux personnages avec lesquels nous alternons, Oziel et Renn. Chacun vit ses propres aventures et ne relève pas les mêmes défis. Ils sont différents l'un de l'autre et chacun apprend à dépasser ses limites et les limites de sa personnalité.

     En effet, Oziel est une héritière, une fille de la Haute. Elle a cette arrogance, une impulsivité dans ses colères. Elle a une présence, une autorité naturelle, réhaussées par une grande beauté. Dans son épreuve, elle doit apprendre à faire profil bas, à côtoyer des gens de rang "inférieur", à contrôler ses pulsions. Pour les autres elle n'est pas Oziel, elle est une mécrosée, une paria que l'on déteste de peur de lui ressembler. Elle a tout perdu, jusqu'à sa beauté, ce qu'elle peine à accepter.

     Renn est d'origine modeste, fils de paysan près de l'Odivir, le fleuve. Jugé fainéant, il a été envoyé loin, pour un apprentissage. Il a un côté rêveur. Il est réservé et peu sûr de lui. Il n'arrive pas à trouver sa place. Ses épreuves l'obligent à se dépasser, à prendre confiance, à affronter son naturel rêveur.

Mine de rien, chacun évolue dans cette histoire.

     Je parlais de plusieurs couches, car en plus de ces personnages, il y a Noy, fils du Corridan. Il rejette le complot contre le Drac, lui qui aurait aimé épouser Oziel. Aiguillonné par son oncle il mène l'enquête et sera entraîné dans un autre complot.

Manigance, manipulation, alliance, apparition de démons, tromperie, vengeance, prophétie… Tout est là. Plusieurs complots pour un même but. Impossible de s'ennuyer. Son monde nous happe. J'ai déjà hâte de lire la suite.

Marion

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