Le coeur blanc de Catherine Poulain (2018)

Publié le par Marion L.

Le coeur blanc de Catherine Poulain (2018)

Un livre que l'on peut qualifier de saison… envie de voir une autre facette de l'été et des saisons ?

      Le cœur blanc c'est celui de Rosalinde (Rosa). Allemande de naissance elle est saisonnière dans le sud de la France. Comme les autres saisonniers elle vit au rythme des saisons.

     Son parcours la mène dans un village. Elle y rencontre le Parisien (amoureux du vin), le Gitan (qui l'effraie), Acacio (jaloux des hommes qui l'approchent), Paupières lourdes (qui la regarde), Delaroche (un enfant épris)… et tous les autres. Ils sont tous les soirs dans un bar à s'enivrer, à oublier leur vie dans l'alcool.

Rosa est une biche sauvage. Elle est entourée de prédateurs mais reste libre. Ce qui les agace et les attire. Elle les hante. Ils veulent tous la posséder.

     Puis il y a Mounia, une autre saisonnière qui devient vite le personnage principal avec ses "je". Elle aussi est intriguée par Rosa, cette rousse à la peau blanche, insaisissable.

"Je me sens nue l'été, Rosa. J'ai toujours l'impression d'être nue sous le regard des hommes, enfermée dans mon corps comme sur une île déserte. Peuplée de fauves qui me guettent et pourraient me dévorer. ça me rend coupable et mal à l'aise" (page 155.)

     Il y a un énorme fantasme autour de ce personnage. Elle est comme un animal en pleine jungle. Si elle tombe, ils la dévoreront.

     Un livre à ne pas lire si vous avez le cafard. Il dépeint une grande misère noyée d'alcool. Je l'ai lu pour son auteure. Son précédent avait été un véritable coup de cœur : Le Grand Marin, qui parlait de la pêche en Alaska. Cette fois aussi il y avait de l'alcool pour oublier une vie difficile, un quotidien dur.

     Celui-ci est loin d'être un coup de cœur. Peut-être pas le bon moment pour le lire. Parce que c'est le côté évanescent de l'écriture qui m'a empêchée de vraiment apprécier ma lecture. Difficile à expliquer, comme de la poésie plus qu'un roman. Ce sont des images, des sons, des impressions, des sensations plus que des actions. Les dialogues aussi, ils se détachent à peine du texte. Pour un résultat proche de l'onirisme (plus du cauchemar).

     Une écriture belle, un sujet puissant. Encore une fois, elle parle de ce qu'elle connaît puisqu'elle a été une saisonnière elle aussi (comme elle avait pêché en Alaska.)

     Ce serait un livre qui se lit d'une traite. Pour avoir le temps de rentrer dans son univers, de plonger dedans, dans cette noirceur épaisse aux odeurs d'alcool, de s'y perdre et d'en ressortir pour de bon après une grande respiration.

Ce n'est que mon ressenti. Et si vous l'avez lu, lui ou le grand marin, n'hésitez pas à me donner votre avis.

Marion.

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M
Je n'ai jamais lu cet auteur mais j'avais entendu parler de son précédent roman ! Il faudra que je commence alors par le Grand Marin si celui-ci t'a moins plu ! Merci pour ton ressenti
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M
Ou l'inverse ^^.<br /> C'est une question de goût, mais en effet, j'ai de très loin préféré le "grand marin".