Les derniers jours de Pompéi d'Edward Bulwer-Lytton (1834) SP

Publié le par Marion L.

Les derniers jours de Pompéi d'Edward Bulwer-Lytton (1834) SP

Il remplace "Le bonhomme de neige" de Jo Nesbo sur les adaptations littéraires. Un grand merci aux éditions Libretto pour ce service presse. Il devient ma cinquième lecture pour le #ChallengeNetgalley.

     Adapté au cinéma par Sergio Leone. Sorti pour la première fois en 1834. Réédité en 2019 par les éditions Libretto.

"L'amour de tout temps, en tout lieu, trouve ainsi de la place pour ses autels d'or ; et dites-moi si, même dans les époques les plus favorables à la gloire ,il y a jamais eu un triomphe plus capable d'enivrer et d'exalter que la conquête d'un noble cœur ?" (page 104 sur liseuse)

     Pompéi avant sa destruction, ville prospère au pied du Vésuve. Romaine et cosmopolite. Nous suivons certains de ses habitants quelques jours avant la fin et ce jusqu'au moment fatidique.

     Glaucus est Athénien, jeune, beau et riche. La vie semble lui sourire. Généreux, il s'attire les amours de Nydia, une esclave Thessalienne aveugle. Elle sera sa destinée, une sauveuse, une bonne âme qui lui rendra mille fois ses bonnes actions envers elle.

     Mais lui tombe sous le charme d'une autre étrangère, belle, la plus belle femme de Pompéi, Ione. Intelligente, libre, gracieuse, belle. Elle a une multitude de prétendants.

     L'un d'eux se nomme Arbacès, un héritier des anciens rois Egyptiens et magicien. Il est aussi le tuteur d'Ione et de son frère jumeau, Apoecidès. Il aime la première et se sent prêt à tout pour se faire aimer d'elle. Il a poussé le second dans le culte d'Isis et se sert de lui pour atteindre la première. Il fera beaucoup pour éloigner Glaucus de Ione.

Tous ces personnages évoluent sans se rendre compte qu'ils vivent sans doute leurs derniers instants… Ils se préoccupent avant tout de leurs projets personnels.

      Un livre très intéressant à découvrir, car Edward Bulwer-Lytton semble nous offrir les connaissances du début du XIXe siècle sur cette période. Il nous offre, dans tous les cas, le regard du XIXe siècle sur cette époque. Encore plus, le regard d'un chrétien.

     En ce XXIe siècle nous fantasmons cette période. Parfois, nous l'encensons. Dans tous les cas, nous avons avant tout un regard positif sur l'Antiquité. Pas Edward Bulwer-Lytton.

     A cette époque le christianisme était encore une secte, tolérée par les autres mais pas embrassée par tous. Ces premiers chrétiens sont présents et l'auteur leur donne vraiment une place et une voix. Et il n'hésite pas à interpeller ses lecteurs, de bons chrétiens. Nous sentons un certain jugement devant cette société antique. Avec une volonté - il me semble - d'avoir une portée scientifique, d'apprendre quelque chose, un mode de vie, un événement… à ses lecteurs.

     Je ne vais pas dire si j'ai aimé ou non. Ce ne serait pas constructif, ni cohérent, face à une telle œuvre. Je peux juste dire qu'elle est intéressante car révélatrice du regard du XIXe sur l'Antiquité, très représentative (selon mes maigres connaissances) de la littérature du XIXe, mais cette littérature n'est pas forcément accessible aux lecteurs modernes que nous sommes. Nous n'avons pas l'habitude et ce style peut nous paraître pompeux. Un exemple ? :

"Comme la lumière du jour à son déclin semble mêler la terre au ciel, dont elle efface les contours en confondant les sommets des montagnes avec les vapeurs de l'air, cette douce vieillesse souriante paraissait sanctifier l'aspect de tout ce qui l'entourait, confondre la diversité des âges, et répandre sur l'enfance et sur l'âge mûr la lumière de ce ciel où elle était si près d'entrer". (page 167 sur liseuse).

     Beaucoup de métaphores, très lyrique. Ce qui donne quelque chose de beau, qui se déguste mais qui ne se dévore pas. J'ai mis cinq jours à le lire, un temps considérable pour moi (fatigue d'après concours aussi.)

     Il est riche, il est foisonnant. Et il y aurait une étude intéressante des personnages à faire avec le rôle de Nydia, le couple Glaucus/Ione, le sombre Arbacès. Mais aussi dans les actions car quelque part la vertu est mise à rude épreuve. Mais je n'ai pas assez de bagages pour me lancer dedans.

Tout ce que je peux dire c'est que c'est un livre intéressant, attrayant pour les amoureux des belles lettres, mais difficile à lire pour qui n'a pas l'habitude.

Marion (Source image : les éditions Libretto. retrouvez le livre sur leur site : Les derniers jours de Pompéi)

PS : Désolée, pas de bande-annonce pour le film sorti en 1959. Mais il est cité comme le 2 dans l'émission top 5.

Publié dans Classique, Historique

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