L'assassin du marais de Catherine Cuenca (2019) SP

Publié le par Marion L.

L'assassin du marais de Catherine Cuenca (2019) SP

Un énorme merci aux éditions Scrineo et à Netgalley pour ce service presse... coup de cœur !

     Paris, 1849, une jeune femme, Fraisine Maillet, est retrouvée morte, chez elle, étranglée. Alexandre Delage et son collègue Dubon commencent l'enquête. Pour le second elle a été tuée par un amant, femme de mauvaise vie. Pour le premier, elle est sans doute morte à cause de ses idées, elle qui faisait partie du club des femmes d'Eugénie Niboyet, un club féministe.

"- Des folles excentriques qui plaidaient pour le divorce, l'égalité des droits entre hommes et femmes, et tout un tas d'autres inepties, explique Dubon pour Alexandre. A mon avis, c'était une erreur de leur octroyer le droit de s'exprimer dans la presse ou de se réunir en associations ! Toutes ces libertés n'ont causé que des désordres !" (page 8-9 sur liseuse.)

     Alexandre ne veut pas lâcher l'affaire et veut retrouver l'assassin, surtout que d'autres femmes sont retrouvées mortes à leur tour. Il s'agirait d'un homme qui punit les femmes trop libres et indépendantes. Une sorte de justicier de la bonne morale (masculine.)

     Bientôt, se joint à lui deux femmes : Léa, une jeune femme rejetée par son mari suite à un adultère (alors qu'il l'a été avant elle et plusieurs fois), spirite ; et Julie, une jeune vendeuse qui cherche à venger une amie.

Tous les hommes deviennent suspects en ces temps difficiles.

     Catherine Cuenca place son roman policier dans un Paris après la révolution de 1848. Dans un contexte de contestation des femmes qui réclament elles aussi les droits déclarés dus aux hommes (=humains).

     Nous croisons donc de grands noms tel que Jeanne Deroin qui tente de se présenter aux prochaines élections et qui défend les droits des femmes :

"L'on a proclamé les droits de l'homme, mais l'on a imposé des devoirs à la femme sans lui reconnaître aucun droit" (Jeanne Deroin, 1805-1894)

     Mais aussi Désirée Gay, fondatrice des journaux "la politique des femmes" avec Eugénie Niboyet et "la femme libre" avec Jeanne Deroin. Dans notre histoire elle est la protectrice de Julie.

"Nous n'écrivons pas pour les esprits étroits qui veulent borner la femme aux soins du ménage. Les femmes n'ont plus à acquérir leur liberté, mais à l'exercer." (Eugénie Niboyet, 1796-1883)

     Un roman policier jeunesse très prenant. L'histoire m'a emballée. Pour plusieurs raisons : l'enquête difficile qui ne vous fait plus lâcher le livre, le contexte historique (Catherine a fait des études d'histoire), et le message féministe à travers l'histoire de ces femmes et la réaction de la société.

     Un super roman à diffuser. J'aimerai beaucoup retrouver ce petit monde dans une nouvelle enquête. Les personnages sont attachants. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé leur habitude de tirer des conclusions hâtives et d'accuser facilement... car nous faisons plus ou moins tous ça.

Je ne connaissais pas cette autrice mais mon petit doigt me dit que je vais en lire d'autres. A découvrir !

Marion (Source image : les éditions Scrineo. Retrouvez le livre sur leur site : L'assassin du marais)

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