La servante écarlate de Margaret Atwood

Publié le par Marion L.

La servante écarlate de Margaret Atwood

Le mois de mai accueille le festival de Cannes. Le blog accueille "les adaptations littéraires". Et cette fois, place à une série et un film (90)

     Elle n'a plus de nom mais se fait appeler Defred. Elle est une servante écarlate. Elle n'est qu'un corps, qu'un utérus. Au service du Commandant et de son Epouse.

      A présent la société est rangée en castes. Les Commandants, les Epouses (en bleu), les Gardiens, les Marthas, les Tantes, les éconofemmes et les servantes (en rouge). Contrairement aux autres, ces dernières sont potentiellement fécondes (ou presque, certaines - un petit nombre - Epouses et éconofemmes le peuvent aussi si nous rentrons dans les détails).

Chacun a sa place et son fonctionnement. C'est la république de Gilead.

     Ce tome a été repris pour une saison 1 de la série du même nom. Ces deux œuvres se ressemblent car plusieurs élément se retrouvent dans les deux. Les deux Defred vivent la même chose. Mais ne sont pas de la même époque, il faut en tenir compte.

     Defred de Margaret Atwood a vécu dans les années 80 (nous ne le savons pas, j'ai pris la date de sortie du livre). Defred de la série a vécu dans les années 2010, de nos jours. La société a évolué en 30 ans, notamment pour la femme et son statut.

     Il y a donc une hargne, une rébellion constante chez le personnage de la série. Ici c'est autre chose. Elle n'accepte pas et se rebelle via des interdits, mais sans cette hargne, comme si, au fond, elle acceptait (ce qui n'est pas le cas.)

     Margaret Atwood n'explique pas son univers, nous le découvrons en découvrant la vie de Defred. Nous sommes plongés dans le vif du sujet. Ce qui peut être déconcertant car elle nous parle des Gardiens, des Servantes, de Gilead... comme si nous y étions et savions tout, comme elle.

     Ce qui se comprend avec cette fin au XXIIe qui nous fait comprendre que ce texte est un témoignage et non une œuvre de fiction. Et quand on parle de son monde à des contemporains, on n'explique pas les choses comme le fait un roman.

Un très bon parti car elle ne fait pas de maladresse. Parfois il vaut mieux ne rien expliquer que détruire son univers en voulant le justifier.

     Certains retours que j'ai vus étaient négatifs, jugeaient le livre fade à côté de la série. Il ne faut pas les comparer, ce sont deux œuvres différentes, même si elles racontent la même chose, avec des événements identiques. Elles n'ont pas la même période historique (ce qui joue beaucoup), ni le même angle. Et les deux Defred sont différentes.

Un très bon livre. Je comprends l'aspect référence, au même titre que "1984" de George Orwell. Elle nous montre un futur probable. Les dystopies actuelles devraient s'en inspirer.

Marion.

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M
Il faudrait que je le relise ! Tu m'en donnes envie...je ne connais pas l'adaptation du tout mais c'est un auteur que j'adore lire
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M
J'avais beaucoup aimé "c'est le cœur qui lâche en dernier", le livre par lequel j'ai commencé avec elle.<br /> L'adaptation est malsaine. En tout cas elle fait ressortir tout ce qui est malsain dans cette histoire. Mais elle est bien faite, différente du livre.