Viens on le fait de Nicolas Carteron (2018) SP

Publié le par Marion L.

Viens on le fait de Nicolas Carteron (2018) SP

Une demande des éditions Librinova, merci à eux. Il m'a fait beaucoup penser à un autre Nicolas, Nicolas Barreau. Le rapport avec l'édition et l'amour peut-être.

     L'auteur nous offre ici un méta-livre, un livre dans un livre. Le narrateur / auteur s'appelle William James (pseudonyme) et il serait presque notre équivalent Musso/Levy (avec moins de livres à son actif.) Ecrivain à succès il signe ici son nouveau roman.

     Tout débute à la sortie de son dixième livre. Dans un acte promotionnel, il glisse un ticket gagnant dans l'un des exemplaires. La personne qui le trouve aura droit de passer du temps avec l'équipe du film qui adapte l'un de ses romans et à un dîner avec lui.

     Anna est une presque quarantenaire, mariée et mère de deux enfants. Installée dans une routine peu satisfaisante, elle se sent délaissée par son époux, trop occupé par son entreprise, un garage. Gagner le prix changera sa vie.

Il suffira d'un regard entre elle et le célèbre écrivain. Débute entre eux une correspondance épistolaire. Pour une relation platonique. Ils y tiennent tous les deux, étant mariés, Anna à Bertrand, William à son éditrice, Eléonore.

     Le livre que Nicolas Carteron nous offre à travers le livre de William James nous dévoile à la fois les courriers échangés entre les deux "amants", des bouts de leur vie et des messages du narrateur aux lecteurs. Il ne se contente pas d'écrire une histoire, il nous la raconte, il s'adresse directement à nous.

      Nous découvrons un homme à succès, fragile, qui n'a jamais connu l'amour (ou presque.) Un homme avec des névroses qui le rongent. Un homme en éternelle reconstruction.

     Ce qui rend leur histoire touchante. Entre lui, amoureux romantique, fragile, empathique, à l'écoute, sensible, et elle, une femme devenue mère en oubliant son statut de femme, encore belle, douce, enfoncée dans une relation qui ne la satisfait plus, prête à se sacrifier pour ceux qu'elle aime, et qui rêve au fond d'elle à ce prince charmant.

Deux âmes en peine, emprisonnées dans un mariage qui ne leur apporte pas l'amour, seules, et qui revivent l'une avec l'autre.

     C'est donc une histoire d'amour, vous l'aurez compris. Mais il y a aussi de la tension. La peur d'être découverts, eux qui veulent - malgré tout - sauver leur mariage. La peur d'une menace réelle, d'un danger qui les frappe et peut nuire à leur vie.

     Une romance très jolie qui fascine. Les amateurs trouveront leur compte. Car même moi qui n'en suis pas, j'ai été touchée par leur amour. Et ce même si je ne suis pas fane quand l'auteur s'adresse directement aux lecteurs, l'apostrophe, se justifie, tente des blagues, en coupant son histoire. Et la technique d'annoncer la révélation d'un fait comme un coup de pied, en tentative de suspens. Exemple, plusieurs fois revient "l'incident" qui influence des réactions de William. Il est annoncé en clin d’œil pour le lecteur, pour créer l'envie d'en savoir plus mais.... finalement c'est un appel du pied, relancé plusieurs fois dans le texte. J'ai trouvé ça un peu maladroit.

     Des petites choses dont je ne suis pas fane mais qui peuvent plaire à d'autres lecteurs. Et le reste de l'histoire est assez prenante pour que, finalement, je puisse l'apprécier sans trop me focaliser sur ces détails. (Pareil, j'ai zappé tous les débuts de chapitre quand il leur donne un titre dans une phrase...)

Et le livre dans le livre (et la fin) lui donne une autre dimension très intéressante. J'ai fini le livre avec une note positive. L'idée me plait.

Marion (Source image : Babelio. Retrouvez le livre sur le site éditeur : Viens, on le fait)

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