La libraire de Penelope Fitzgerald (1978)

Publié le par Marion L.

La libraire de Penelope Fitzgerald (1978)

Le film est sorti fin 2018, vous en avez peut-être eu connaissance. Envie de découvrir le livre ?

     Florence Green est une veuve dans les années 50 à Hardborough, une petite ville côtière. Seule et contre tous les avis, elle investit tout ce qu'elle a dans la création d'une librairie. Or, elle a eu le malheur d'acheter un vieux bâtiment pour y vivre et y placer sa future librairie (hanté de surcroît). Un vieux bâtiment repéré par une notable de la ville afin d'y faire un lieu culturel et artistique. Et elle est prête à tout pour le récupérer.

      La librairie fonctionne bien, ce qui lui met les autres commerçants à dos. Elle sera aidée par une jeune fille, notamment dans la gestion de la bibliothèque de prêt qui lui attire un plus grand public.

     Dans le résumé éditeur il est dit qu'elle déclare la guerre en proposant le sulfureux "Lolita" de Nabokov. Et que deux clans se forment. Je ne l'ai pas trouvé. Certes elle propose Lolita après une grande hésitation mais il est au second plan (presque comme s'il situait juste l'époque). Je pensais qu'il serait la raison de la guerre. Mais la guerre est avant tout pour le bâtiment.

Florence doit affronter le notaire qui ne l'aide pas comme il le devrait, Mrs Gamart qui s'attendait à ce qu'elle cède et ne lui résiste pas ainsi, et qui fera tout pour la détruire ; et des amis qui la lâchent sans prévenir. Ainsi que l'hypocrisie et la méchanceté.

     Ce qui fait que je ne sais pas quoi en penser. Pour moi il est ambitieux. Il y a quelque chose avec les personnages et un esprit talentueux pourrait en faire une belle analyse. Moi je reste sur ce que j'ai ressenti. Et ce livre ne m'a pas fait de bien.

Dès le début Florence doit faire face à des comportements mesquins. Et je ne comprenais pas ses réactions, comme si elle ne les voyait pas et que tout était normal. Peut-être suis-je passée à côté de quelque chose.

     Cette Mrs Gamart est détestable depuis le début. Hypocrite, elle a l'habitude d'obtenir ce qu'elle veut. Et elle va loin. Tout ça pour son centre culturel et artistique qui aurait pu être fait ailleurs. Même Florence lui fait remarquer que la négociation d'achat du bâtiment lui a pris 6 mois, que ce n'était pas un secret, surtout dans une petite ville et qu'elle aurait pu se signaler plus tôt. Là elle attend que tout soit prêt.

     Les choses avancent mais Florence est entourée. Sauf que chacun d'eux la lâche (plus ou moins volontairement) oui lui fait une crasse en douce.

      Et j'avais envie de dire "mais merde quoi !" Le piège se referme sur elle et il n'est pas beau. Je n'en dis pas plus mais la scène de fin est très forte. C'est un être humain et tous l'oublient.

     Ce livre pourrait être une métaphore sur le bien-pensant, prêt à "censurer", à détruire des lieux de la culture ou la culture elle-même au nom du bien commun, de la bonne pensée, de l'éthique... et de tout ce qui justifie de penser à votre place.

Pour ça que je reste sur cet avis : je ne sais pas quoi en penser. Un livre très ambitieux mais difficile (dans ce qui arrive au personnage principal, victime de ce système et de cette élite bien-pensante). Nous finissons la lecture dans une colère froide.

Marion.

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M
J'en ai entendu parler mais je n'ai pas franchi le pas pour l'instant. Tu me fais hésiter :) Merci pour ton ressenti, le sujet est intéressant et je comprends que ce livre doit être difficile à avaler
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M
J'ai été surprise suite au résumé éditeur (et la bande-annonce du film). C'est étrange, je suis sans doute passée à côté de ce livre. ^^.<br /> L'hypocrisie des personnages m'a marquée, plus que tout le reste.