Tentations de Jean-Pierre Bours (2018) SP

Publié le par Marion L.

Tentations de Jean-Pierre Bours (2018) SP

Livre reçu lors d'une masse critique Babelio. Merci à eux et à HC éditions. Une très belle découverte pour moi... je vous en dis plus ?

     Il s'agit d'un second tome mais peut se lire indépendamment du premier (ce que j'ai fait, mais je pense que nous perdons quelque chose.)

     Dans "Indulgences", le premier, il est possible de découvrir la jeunesse de Margarete et sa rencontre avec Johann Faust, rendu célèbre par Goethe. Dans "Tentations" nous découvrons Faust, avant et après sa rencontre avec Margarete. Et comment Méphistophélès tente de le convaincre de vendre son âme.

     Un livre fascinant qui me fait penser, après coup, à "Quattrocento" avec ce mélange des genres, certains le rangeant en roman, d'autres en doc. Ici c'est clairement un roman mais qui rappelle parfois un documentaire romancé.

     En effet, Jean-Pierre Bours nous dépeint son Faust au début du XVIe siècle qui côtoie à la fois des figures historiques et des personnages de fiction. Et quand l'histoire est citée, il cherche à être au plus proche et avertit le lecteur quand un élément ou une parole est authentique. Cette recherche de coller au plus près comme un historien le ferait avec une figure historique apporte ce quelque chose du documentaire.

"Mais tu es de ceux-là qui ont déjà leur place quelque part en enfer où l'on vous attend. Bardés de votre foi, avec la générosité de l'ogre et la cruauté des intolérants, vous prétendez embastiller votre prochain dans des villes qui sont des prisons ; où le moindre geste est programmé, et où la licence de vivre n'est consentie qu'accompagnée d'un mode d'emploi !" [les fanatiques vus par Méphistophélès] (page 15)

     J'ai donc beaucoup aimé. Le Faust de Jean-Pierre Bours est sage, honnête et grand savant. Il ne pense pas à lui mais cherche la connaissance, pour mieux soigner, appréhender le corps et le connaître pour mieux le comprendre et le guérir.

Il est à la fois chercheur, professeur, diplomate... plusieurs casquettes pour un seul homme.

     Jean-Pierre Bours prend le temps à la fin du livre de nous dresser des portraits de Faust et beaucoup ne sont pas glorieux. Il serait un alchimiste, astrologue, sorcier, sodomite... qui aurait vendu son âme pour son seul intérêt et n'aurait couru qu'après le vice et le péché. Pas celui-ci.

Là il n'est qu'un homme, un homme passionné, accablé par les limites de la science et des connaissances de son époque (lui qui voudrait faire plus), un médecin qui soigne tout le monde sans distinction, du pauvre à des rois. Et qui aimera deux femmes.

      Un homme vraiment bien quoique peut-être parfois orgueilleux, ce qui risque de le perdre.

"On n'accède à la lumière que si l'on pactise avec l'ombre" (page 317.)

     Sa vie est fascinante. Il côtoie ou rencontre des rois ou des empereurs (le trio : Charles Quint, François Ier, Henry VIII), des papes, Martin Luther, Érasme, Thomas More, Lucrèce Borgia... ce qui - de mon côté - m'a fait me dire "mais oui, ils sont tous de cette époque !"

     Lui-même est fascinant et Jean-Pierre Bours nous en donne la preuve. J'ai d'ailleurs repensé à un film très psychédélique "Faust" d'Alexandre Sokourov, paru en 2012. A la fin du film je ne savais même plus comment je m'appelais... très étrange.

En bref, un très très bon livre. D'ailleurs je pense m'acheter le premier pour continuer et en savoir plus sur Margarete.

Marion (retrouvez le livre sur le site de l'éditeur : Tentations)

Publié dans Historique

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