Plutôt la fin du monde qu'une écorchure à mon doigt de Paula Jacques (2019) SP

Publié le par Marion L.

Plutôt la fin du monde qu'une écorchure à mon doigt de Paula Jacques (2019) SP

Merci aux éditions Stock et à Netgalley pour ce service presse.

     Nous sommes dans les années 70. Mathilde veut écrire l'histoire de sa mère, Louison Desmarais. Pour se rapprocher d'elle, tenter de lui pardonner, créer un lien avec elle... ?

Car Louison est un sacré caractère : "Comme la nature, elle est innocemment et glorieusement amorale." (page 76 sur liseuse)

     Suite au suicide de sa mère, elle est élevée par des bonnes sœurs. Dès qu'elle peut s'enfuir, elle le fait. Afin de rejoindre un amoureux, elle laisse sa sœur aînée et son père au Havre et part pour Marseille. Une escale pour rejoindre l'Afrique du Nord.

     Mais voilà, la seconde guerre mondiale est là, tout comme Vichy, et l'escale devient son port d'attache et l'amoureux est remplacé par un autre.

     Louison est égoïste sans penser à mal. Elle profite de la vie et prend tout ce qu'elle lui donne. Bonne vivante, éternelle amoureuse, elle est en perpétuelle adolescence. Ce qui peut la rendre attachante autant qu'antipathique (cruellement agaçante.) Et ce qui la rend forte malgré son côté frivole et superficiel. A vouloir son confort elle surmonte bien des difficultés, ne s'avoue jamais vaincue et ose !

     Elle en veut tellement qu'elle arrive à attirer l'affection de Tonton, un gangster marseillais. Il l'aidera de nombreuses fois, sans qu'elle n'ait vraiment besoin de le lui rendre en retour.

Louison Desmarais a un destin particulier. Et elle a croisé des personnages forts, qui, contrairement à elle, pensaient à un but commun, à autre chose qu'eux. Tonton, par exemple, est un résistant de la première heure qui aura sauvé bon nombre de juifs.

     Mathilde n'a pas vraiment connu l'affection de sa mère. Elle a plutôt été élevée par sa tante, Margot. Pourtant, nous sentons l'attachement de la fille pour la mère biologique. Un attachement qui n'était pas forcément là au début, mais qui grandit tout du long.

     Le titre décrit plus que bien Louison. Elle pense avant tout à elle, son confort et son bonheur et les autres... bah, ce n'est pas son problème. Et en cette période de guerre, cette "fin du monde", c'est encore plus flagrant. Même si parfois, elle pense aux autres, le temps d'un instant. Comme cet exemple quand Tonton lui dit qu'il organise une attaque contre l'occupant.

"C'est bien beau de tout foutre en l'air, mais ce ne sont pas les violents qui paient les pots cassés.

Les représailles contre la population innocente ne se firent pas attendre." (page 131 sur liseuse.)

     Nous sommes comme Mathilde. Louison n'est pas forcément un personnage attachant au début. Et puis au fur et à mesure elle nous est moins antipathique. Nous l'excusons, comme le fait sa fille.

Elle est une jeune femme qui veut profiter de sa vie et de sa jeunesse. Elle ne s’embarrasse pas de l'inutile (sa fille, la vie de tous les jours...) et de ce qui est sérieux. Elle veut aimer, être aimée, s'amuser et profiter. Elle garde une certaine insouciance. Et c'est ce qui en fait tout le charme.

Marion (Source image : les éditions Stock. Retrouvez le livre sur leur site : plutôt la fin du monde qu'une écorchure à mon doigt)

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