La part des flammes de Gaëlle Nohant (2016)

Publié le par Marion L.

La part des flammes de Gaëlle Nohant (2016)

Vous venez d'ouvrir la huitième case du calendrier de l'avent !

     La comtesse Violaine de Raezal, depuis la mort de son époux, cherche à se faire accepter par l'aristocratie dont elle fait partie. Pour se faire, elle souhaite participer au Bazar de la Charité, une vente de charité. Mais voilà, son passé n'est pas digne des convenances et quand une rumeur est lancée, elle détruit une réputation, même sans preuves. Et sans le soutien de son mari, elle est rejetée.

Elle croise alors le chemin de la très vertueuse duchesse d'Alençon qui lui offre sa place au bazar.

     En parallèle nous suivons Constance d'Estingel, jeune femme demandée en mariage par le beau et sombre Nérac. Mais après une conversation avec la Mère Supérieure du couvent dans lequel elle a grandi, elle rompt ses fiançailles. Elle aussi trouve sa place auprès de la duchesse au comptoir 4. Et Nérac, qui ne baisse pas les bras, devient journaliste.

Et le destin de toutes ces personnes et de bien d'autres bascule ce 4 mai 1897.

     Un incendie ravage le Bazar au moment où la foule est la plus nombreuse. Rares sont ceux qui en réchappent et ils ne le font pas indemnes, entre les blessures physiques et psychologiques.

     D'ailleurs les descriptions sont saisissantes de réel. Au début, avec cette foule paniquée qui ne réfléchit plus et bouge comme une seule et même entité, piétine, pousse... et la suite, les témoins qui assistent à cela, les corps noircis... les familles qui ne savent pas où sont leurs proches ni s'ils sont vivants. Surtout que c'était une vente de charité féminine, donc que la grosse majorité pour ne pas dire la quasi totalité étaient des femmes, des filles.

Les hommes sont perdus et cherchent des réponses.

     On y aborde ensuite le deuil, la vie qui doit reprendre. Mais les liens créés sont puissants. Un monde de convenance mais juste de façade. Une comtesse n'hésite pas à accuser un homme d'une atrocité pour détruire sa carrière, une mère à faire interner sa fille, à une femme de fuir un mari trop aimant grâce à la mort... on ne s'ennuie pas.

Le personnage que j'ai le mieux compris ? Celui de Nérac. Sa colère face à l'injustice qui le touche. Une rumeur suffit.

     Voici Paris de la fin du XIXe entre la République et le pouvoir persistant de l'aristocratie dans un monde qui bouge.

Ce que je me souviendrai après ce livre : le brasier. L'auteure n'hésite pas avec les images. Elle rend ce massacre par le feu bien réel.

Marion (Source image : médiathèque de Neuville)

Publié dans Coups de coeur, Historique

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M
Je ne l'ai pas encore lu alors qu'il est dans ma liste ! Il faut dire que j'ai trouvé difficile son livre, "Légende d'un dormeur éveillé" tout en étant passionnant. Du coup j'hésite un peu
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M
J'ai lu les deux, j'ai beaucoup aimé les deux, mais je n'arrive plus à me souvenir si la "difficulté" se retrouve dans les deux. En tout cas, le sujet de celui-ci est plus compliqué et noir.