Ariane de Myriam Leroy (2018)

Publié le par Marion L.

Ariane de Myriam Leroy (2018)

Amitié ? Amour refoulé ? Folie ?

     La narratrice a douze ans lorsqu'elle rencontre Ariane. Elle fait alors son entrée dans un nouveau collège, assez huppé. Tout simplement parce que ses parents aimeraient vivre dans ce monde-là.

     Entre elles naîtra une amitié aussi forte que destructrice. La première est mal dans sa peau, effacée, différente. La seconde, Ariane, est magnifique, typique de la beauté indienne.

Elles ne seront que deux. Si fusionnelles que pour tous elles sont lesbiennes. Dans leur monde, elles seront toxiques pour elles et les autres.

     Pour les émotions ressenties, c'est un livre en deux phases. A la première nous nous demandons pourquoi elle nous raconte tout ça. Elle ne bonifie rien, nous assistons à tout dans sa brutalité. Et puis après nous comprenons, nous ressentons, nous pardonnons. Je ne sais pas y mettre des mots.

     L'histoire en elle-même est sombre. Cette amitié n'a rien de belle. Et ces enfants (parce que 12-13 ans) sont mal orientés par les adultes et tombent dans quelque chose de malsain. La narratrice le dit elle-même, elle ne sait pas grand chose de la sexualité mais elle en joue. Elle se sert de son corps et se vante de choses qui ont poussé des millions de femmes à dire non ! Des Lolita.

Elles sont touchantes à leur manière, paumées, tourmentées, sans que personne n'y fasse rien. C'est la seconde phase, quand l'empathie entre en jeu.

     Nous pouvons lui reconnaître d'être un livre très fort. Il est d'une traite ou presque, sans chapitre, comme écrit d'un jet, sous le coup des émotions des souvenirs.

     Et pourtant, plus d'une fois l'auteure/narratrice nous prévient que les souvenirs ne sont pas fiables. Que même elle les a sûrement changés, nous ne pouvons pas le savoir. Qu'elle a pu alléger certaines scènes, plus violentes en vrai... que certains personnages sont peut-être différents en vrai, mais que sa version nous en donne peut-être une mauvaise image. Réalité / fiction ? La question se pose.

     Avec Ariane nous sommes à la fois avec des victimes et à la fois avec des bourreaux. D'extérieur elles devaient être de vraies pestes ! Des harceleuses méchantes et notoires.

Il fait réfléchir, il a quelque chose. Je ne saurai pas décrire les sensations, entre rejet et fascination. A méditer.

Marion.

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