Premier amour d'Ivan Tourgueniev

Publié le par Marion L.

Premier amour d'Ivan Tourgueniev

Comme tous les mercredis je vous propose une ancienne lecture. Celle-ci remonte à loin (2012 ?) et mes notes également. Je ne suis pas satisfaite des notes que je me suis laissées ; elles ne sont pas très claires. Mais je tenais à partager ce recueil de trois nouvelles avec vous. Je m'excuse donc par avance pour la médiocrité de cet article.

La première nouvelle : Un groupe d'amis désire se raconter leur premier amour. C'est Vladimir Pétrovitch qui s'y lance. Une princesse pauvre, Zassekine et sa fille Zaïna s'installent dans la maison à côté de celle du jeune homme. Il tombe amoureux d'elle dès le premier regard, malgré leur différence d'âge de 5 ans (dans le mauvais sens.)

     Elle est son premier amour et son premier chagrin car au fil de l'histoire il comprend qu'elle en aime un autre, et qu'à ses yeux il n'est qu'un enfant. Premières jalousies puisque la jeune princesse ruinée est toujours entourée d'un groupe d'admirateurs.

Une belle histoire, bien écrite. C'est mignon et joli. Les cœurs s'enflamment comme ils savaient si bien le faire il y a plus d'un siècle.

     Les élans dans le style ne sont pourtant pas excentriques. Notre héros a seize ans et à cet âge les hormones rendent l'amour plus fort et plus romantique.

     Il y a une tendresse et une sincérité qui traversent ce livre, renfoncées par l'écriture et une langue travaillée et recherchée. Pratiquement toujours un aspect noble et honorable à cette époque que l'on ressent dans l'amour. Il n'y a rien de charnel, tout n'est que sentiment.

Une finesse touchante et une pureté. De la part du jeune Vladimir, l'honneur est sauf pour la demoiselle.

     L'homme la regarde comme un être supérieur, un être qu'il ne peut toucher sans salir, un être qui transcende le divin, et non pas un tas de chair qui pourrait lui procurer une extase charnelle. Ils n'étaient pas tous aussi innocents, mais la magie existe et la tendresse est présente dans ce livre.

La seconde nouvelle : L'auteur joue l'honnêteté. Dès le début nous savons qu'il va arriver malheur à notre héros Akim dès lors qu'il épouse Doumiacha, une servante d'Elisabeth Prokhorovna, une orpheline de dix-huit ans (alors que lui atteignait déjà la quarantaine.)

On s'attend à un chagrin d'amour mais pas à ce qui va lui arriver.

     Une histoire dure car emplie d'injustice, à croire que les plus pernicieux réussissent mieux. Ce qui n'est pas faux puisqu'il y a toujours une personne bonne et généreuse qui pardonne et laisse le bandit libre et gagnant.

     Aurions-nous aussi bien agi qu'Akim ? Moi non en tout cas.

Histoire très dramatique mais pas forcément impossible, malheureusement.

La troisième nouvelle : Encore des histoires d'amour qui finissent mal. Astakov est invité chez un voisin où il fait la connaissance de Marie et Nadejda, deux ravissantes jeunes femmes. Il préfère la première déjà amoureuse de Vénétiev, le frère de la seconde.

     On assiste aux mésaventures amoureuses de jeunes gens. Le sérieux survit tout comme la bien vivante, car ils ne se laissent pas aller à l'amour. Mais pour les deux autres c'est la déchéance et la perte.

Dramatique, mais pas d'envolée amoureuse comme dans la première qui vous saisit et vous enchante.

Le tout alors ?

La première histoire serait vraie, à quelques différences près dans les âges. Mais il s'agirait des parents de l'auteur, même situation, même caractère.

Pour la troisième il se serait inspiré d'une personne réelle pour Marie. Pour Nadejda il créé un nouveau genre de femmes qui reviendra dans ses textes : "femme fatale, égoïste et cruelle".

Plus qu'une nouvelle (l'Antchar) mais pas encore un roman. On ne sait que ce que le héros (premier amour) sait. Il n'y a pas d'autres éléments, des révélations, puisque le jeune homme soupçonne légèrement sans en avoir la preuve (ou ne la veut pas.) Le père reste donc dans l'ombre et on découvre tout en même temps que lui.

Tourgueniev associe amour avec l'esclavage ou la maladie.

Dans la troisième : Vérétiev est le symbole d'une génération perdue.

Edith Scherrer fait une étude des différents personnages des trois œuvres, une analyse que je ne redonne pas pour que vous la lisiez. Un résumé ?

Valodia : honnête, ses sentiments et ses réactions sont sincères. Il a une réelle vénération pour son père, il se sent gauche à côté de lui.

Zaïna qui recherche un homme qui saura la dompter : ce qui arrive.

Kirilovna : sait manipuler sa maîtresse. Elle finit mal à la toute fin pour que la morale soit respectée et que les critiques épargnent son auteur.

Akim : représente le russe, il ne se venge pas mais accepte. C'est un personnage grand dans son âme.

Naoum : tout lui réussit malgré ses fautes. Sa punition se trouve dans le fait qu'il ne peut aimer. Condamner à ne pas avoir de cœur.

Marie et Vénétiev : ne sont pas adaptés à la société russe. Vénétiev : trop occidentalisé, il est le personnage de trop. Marie est la plus grande dans son âme (comme Volodia et Akim) mais amoureuse d'un homme qui ne la mérite pas.

Astakov : l’observateur froid et résonné.

Si d'autres personnes se sont lancées dans cette lecture, n'hésitez pas à me donner votre avis.

Marion (Source image : babelio)

Publié dans Classique

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M
Je l'ai lu aussi il y a un certain temps et je trouve ta chronique beaucoup plus claire que mes propres souvenirs !! Merci de nous donner envie de redécouvrir cet auteur...
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M
Merci beaucoup pour ta compréhension :D.