D. de Robert Harris (2014)

Publié le par Marion L.

D. de Robert Harris (2014)

L'affaire Dreyfus a secoué la France et fait encore parler d'elle aujourd'hui. Tous connaissent ce nom et cette histoire de fausse accusation. Robert Harris, habitué aux textes historiques, se penche sur cette affaire.


     Simple commandant, Picquart croit comme toute l'armée à la culpabilité de Dreyfus. Il n’a aucune sympathie pour lui et les preuves sont jugées irréfutables. Il aidera même à sa capture (on ne sait que plus tard comment.)
     Propulsé colonel, il dirige la section d’espionnage bien malgré lui. Picquart tente malgré tout de bien faire son travail, puisqu’il est décrit comme un homme honnête et têtu (très têtu). Ses relations de travail ne sont pas parfaites. D'ailleurs, nous nous attardons sur ses relations avec ses collègues : ce qui trouve son explication et son utilité plus tard dans l’histoire. Rien n’est là par hasard.
     Après quelques mois de fonction, de nouveaux documents qui innocenteraient Dreyfus pour condamner quelqu’un d’autre, lui tombent dans les mains. Picquart ne peut pas fermer les yeux et lance une enquête, malgré les menaces, les conseils de tout arrêter et les difficultés rencontrées.
     Il frôlera la mort mais saura attirer l’attention, l’aide des bonnes personnes au bon moment. Il se fera lyncher.


Plus d’une fois j'ai eu des « oh, les fumiers ! » avec des accès de colère. Il reste calme quand on boue pour lui.

     Nous avons à la fois un roman historique avec cette affaire Dreyfus et un roman policier avec cette enquête à perdre haleine, en plus d'un petit côté espionnage avec son service. Nous tremblons pour lui et nous maudissons les ennemi, les menteurs... on se doit de prendre position, le livre est ainsi fait.


     Comme le personnage nous ressentons l'injustice et ses éclats de joie. Nous maudissons toute cette manipulation ridicule et malhonnête. Nous soutenons Picquart. Si c’était la volonté de l’auteur, c’est réussi (ce qui marque à quel point l’histoire peut être modelée et les idées avec. On sait ici qu’il s’agit d’une œuvre de fiction, mais cela fait réfléchir sur la subjectivité de l’histoire ou du moins des traces que l’on garde). Pas d'ennui nous sommes happés dans un stress, une dynamique entraînante. Et même s’il y a des répétitions (car Picquart doit sans cesse se justifier et défendre ses preuves) cela apporte un rythme. Pas de réels temps faibles et calmes.

     Ce livre peut plaire aux lecteurs d’histoire (sauf s’ils ne cherchent que ça) et aux lecteurs de policier / espionnage (sauf si l’aspect historique les rebute)


En résumé, un excellent bouquin qui se dévore sans modération. On le vit comme une course après le temps.
 

Marion (Source de l'image : médiathèque de Neuville)

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