Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur Jaswal (2018) SP

Publié le par Marion L.

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique de Balli Kaur Jaswal (2018) SP

Livre lu dans le cadre du #ChallengeNetGalleyFR (mon 8ème !)

     Nikki est une jeune anglaise indienne, un peu rebelle pour sa famille, car elle a arrêté ses études de droit pour travailler dans un bar (lieu de débauche). Scandaleux pour une jeune femme de la communauté.

      Alors qu'elle allait déposer une annonce sur le tableau des mariages au temple pour sa sœur - qui souhaite un mariage arrangé - elle tombe sur une offre. Donner des cours d'écriture à des femmes de la communauté Pendjabi. Elle n'hésite pas à s'y lancer.

     Toutes les élèves sont des veuves plus ou moins jeunes exclues de la société pour ce statut. Et dès le premier cours elles ne veulent pas apprendre à écrire, mais raconter des histoires érotiques.

Incroyable ! A travers cette histoire Balli Kaur Jaswal nous dépeint toute une société, celle des indiens à Londres, et de son fonctionnement. Les règles traditionnelles malgré le nouveau pays, les mariages arrangés, l'honneur, la place attitrée pour chacun.

     Nikki est plus anglaise qu'indienne. De ce fait, elle porte à la fois un regard extérieur et interne à tout cela. Elle connaît les traditions, peut comprendre ceux qui les suivent, mais sait s'en indigner et vouloir autre chose, vivre avec son temps. Pouvoir être libre et faire des choix sans être jugée. Les règles sont rassurantes mais méritent d'être détournées.

     Ces femmes sont vraiment touchantes. On sent qu'elles retrouvent une seconde jeunesse, un second souffle avec cette liberté de parler du désir et du plaisir féminin. Elles reprennent confiance et elles s'affirment. Parce que même si elles ont eu un mariage arrangé, que les femmes doivent rester à leur place, discrètes, sans jamais attirer l'attention de qui que ce soit, elles ont droit au plaisir charnel. Et certaines l'ont connu même si elles n'en parlaient pas.

Et les histoires qu'elles racontent plaisent et font effet. Libérer cette parole et la sexualité féminine a beaucoup d'avantages.

     En parallèle du club et de Nikki, il y a une vieille histoire de meurtre et un suicide. Anodin, bien fait pour les jeunes victimes, utilisés pour effrayer les autres. De quoi mettre le doigt sur un problème.

     Un coup de cœur de mon côté. Elle a touché à mon côté féminin, féministe égalitaire. Celui qui s'offusque quand on pense qu'une femme l'a bien cherchée si elle est agressée, que tout est toujours de la faute de la femme et que c'est à elle de se cacher, se faire discrète et se soumettre.

     Elle réussit le pari de nous faire sentir tout ça, sans dénigrer pour autant les traditions. Elles ne sont plus adaptées et parfois devraient être abolies car font souffrir plus d'une personne, mais ne sont pas rejetées en bloc.

J'ai donc ressenti beaucoup de choses. Ce livre ne peut pas laisser indifférent.

     Ce qui m'a plu en plus de tout le reste ? Certaines histoires de veuves sont retranscrites, nous y avons accès. Et c'est beau, c'est touchant. Ce n'est pas du sexe "sale", ou des scènes sexuelles faciles pour émoustiller un lecteur. Ce sont bien plus des textes libérateurs, un peu rebelles, signes de liberté, de partage. Pour comprendre, lisez-le.

      Petite citation qui a mon sens traduit le livre : "Ce n'est pas lui qui m'inquiète. Je crains qu'elles ne finissent par arriver aux oreilles des Frères.

-Moi aussi, mais en se cachant, on les laisse prendre le pouvoir, n'est-ce pas ?" p.164 sur liseuse.

Marion (Source image : les éditions Belfond. Retrouvez le livre sur leur site, ici)

Publié dans Coups de coeur, Autres

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M
Je vois que tu l'as tellement aimé que c'est pour toi un coup de coeur ! C'est bien vrai que la parole des femmes opprimées quand elle se libère nous touche toujours beaucoup. On ne peut qu'adhérer à leur cause. Merci pour ta chronique, je le note
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M
Oui ^^. Je partage donc.