La mort j'adore tomes 1 à 3 d'Alexis Brocas

Publié le par Marion L.

La mort j'adore tomes 1 à 3 d'Alexis BrocasLa mort j'adore tomes 1 à 3 d'Alexis BrocasLa mort j'adore tomes 1 à 3 d'Alexis Brocas

La mort j'adore, saison 1 (2009) (Loufoquattitude : la définition de ce livre.)

     Clémence, jeune démone mal dans sa peau, se tient devant un journaliste et lui raconte sa vie. Elle le torture lorsqu'il dit ou fait quelque chose qui ne lui convient pas. Infiltrée parmi les humains, elle prend pour esclave une  ancienne amie devenue une pire ennemie en la zombifiant.

     Je n'en dis pas beaucoup plus sur l'histoire qui se découvre au fil de la lecture.

La première impression ? Étrange. Ce livre est un mélange entre "entretien avec un vampire" d'Anne Rice à la sauce démon et "Barry Trotter" de Mickael Gerber pour le côté loufoque et parodique.

     Peut-être faut-il une adaptation au style. Mais quand c'est fait, c'est fait.

     Il faut dire aussi que le personnage principal est très spécial et rappelle un peu les éventuels mauvais souvenirs du collège, ce qui peut être gênant. Elle est grosse, moche, le visage couvert de pustules plus que d'acnés. Même si elle est un démon, en plus, elle le vit assez mal, comme n'importe quel adolescent.

     Une histoire tout sauf sérieuse, même dans la manière dont elle est racontée. Un méli-mélo d'informations et d'actions, sortis tout droit de la cervelle sans dessus-dessous d'une adolescente mal dans sa peau. Pour un résultat assez original et... très personnel.

Elle ne séduira sans doute pas le plus grand nombre.

Pour ma part je suis mitigée. Ce premier tome est intéressant mais l'humour n'est pas forcément le mien. Quelques lenteurs au début mais si vous vous accrochez, vous pouvez apprécier le reste de l'histoire qui le mérite.

La mort j'adore, saison 2 : l'enfer n'est pas si loin (2010)

     Clémence et Elo sont de retour ! Seules deux personnes se souviennent d'elles. Tous les autres les ont oubliées et même Ronald, le beau Ronald. Dans ce tome Clémence a des comptes à régler et de puissants alliés, parfois surprenants, vont l'aider. Toujours aussi loufoque.

     Les deux filles n'ont pas changé. Quoique n'étant plus la reine du bahut Elodie découvre que l'intelligence peut avoir du bon.

     Un début qui se déroule... en Angleterre. Et les clichés y passent. L'auteur a-t-il connu une mauvaise expérience dans ce pays ? Les Etats-Unis sont mieux traités. Nous y retrouvons surtout le côté superficiel étiré vers une nette exagération (surtout sur le paraître, rien dans la tête).

Alexis Brocas excelle dans les descriptions, notamment les métaphores et les phrases assassines. Ses tournures de phrases et les comparaisons justement sont fantastiques. Nous sentons une maîtrise derrière ce mauvais langage.

     Quoi dire ? Une structure dans la narration moins déroutante. Ou alors est-ce moi qui m'y habitue ? Encore un langage chaloupé. Mais ce sont des démons qui parlent après tout.

Ce second tome est meilleur, pour moi, que le premier.

     Avec l'impression parfois devant certaines scènes et surtout celles de combat de regarder un cartoon. Voila la comparaison que je peux faire pour vous décrire le burlesque de cette histoire.

Pas de sentiments mielleux, d'épanchement excessifs ou de bons sentiments. Il se moque de tout. La vie est du grand n'importe quoi et la mort aussi. Même les anges sont ridicules, et encore plus quand ils veulent faire le bien. Une analyse plus poussée de son univers serait sûrement très intéressante, mais contentons-nous de le lire.

La mort j'adore, saison 3 : Arrêtez le massacre ! (2011)

     Le début de ce dernier tome est génialissime, plein de phrases à double sens comme "Je peux ouvrir mon cadeau ?" en parlant d'un homme, je ne vous explique pas l'image. Elles s'amusent comme des folles et nous aussi (humour noir quand tu nous tiens !)

     Une excellente fin également et une histoire, comment dire, moins farfelue. C'est toujours du fantastique pur et dur, mais avec une action plus présente par rapport aux premiers.

Le meilleur des trois tomes. Une belle graduation de plaisir dans cette trilogie. Alors ne lâchez pas !

     Toujours autant d'humour avec une grosse note d'autodérision. Il semble se moquer de lui-même à travers ses personnages.

     Parlons des personnages justement. Il fallait oser prendre un personnage aussi repoussant, aussi loin de n'importe quel critère de beauté, amie avec une goule qui, elle, respecte ses critères. Serait-ce une tentative de se moquer ?

     Quoique dans le premier il insistait sur le physique ingrat de Clémence. Quelques piqûres de rappel dans le second. Rien dans ce troisième. A tel point qu'on oublie qu'elle est censée être "horrible".

     Et Elodie, la bimbo de service, qui se révèle pas si "conne" que cela finalement. Des prémices dans le second avec un peu de philosophie, poussés plus loin dans celui-ci. Et Ronald qui n'a vraiment pas le portrait d'un Saint-Valentin, comme on peut en voir dans divers romans pour adolescents.

     Ce qui rend leur histoire plus belle, plus réelle, plus attachante et mignonne. Des petits mots tout mignons comme on les aime. Par exemple, les hommes de la préhistoire aimaient les femmes fortes alors il se déclare homme préhistorique. Tout mignonnet.

Vraiment du nouveau et de l'originalité. Son oeuvre a des allures de parodie et les personnages dans leur intégralité sont bien traités.

Pour conclure sur la trilogie ?

Un terme pour la qualifier : étrange. Et un brin satirique. L'auteur nous dévoile aussi quelques conseils d'écriture, à vous de voir si vous prenez. Clémence serait-elle son côté féminin ? Hum, intéressant. En bref ? Une grosse blague.

Marion (Source image : la bibliothèque départementale de la Vienne)

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