L'été des serpents de Henri Cueco (2012)

Publié le par Marion L.

L'été des serpents de Henri Cueco (2012)

Un sujet difficile - l'Occupation - mêlé à une part de frivolité, de ces enfants attirés par les filles sans savoir pourquoi ni comment.

     L'auteur nous montre la guerre et l'Occupation à travers le regard d'un enfant, jeune adolescent, qui se recherche. Surtout auprès des filles. La guerre, les allemands, les résistants... ils sont tous là, mais en arrière plan. Ils ne sont pas les héros ou les personnages principaux de cette histoire.

Le jeune garçon se moque même de son grand-père qui a combattu et qui répète inlassablement les mêmes anecdotes. Il a été soldat et en garde l'âme.

     Il ne semble pas s'amuser de la situation mais la prend autant au sérieux que le ferait un enfant de cet âge. Ce qui compte le plus pour lui, c'est sa bande d'amis et les filles. Il apprend la sexualité à travers la découverte du sexe opposé ou du fonctionnement de son propre sexe. Cela est récurrent dans le livre et reflète bien cet âge. Il admire ou envie les plus grands qui ont des attributs conséquents, s'inspire des séducteurs qui font craquer toutes les filles (comment font-ils ?), écoute avec attention ceux qui révèlent les secrets des filles (comme leur corps, notamment ce petit animal plein de poils qu'elles ont entre les jambes... mord-il ? Pourquoi le gardent-elles ?)

     Tout cela en restant assez innocent, car ils se découvrent. Ils observent, ils fantasment, et tout ça sur fond de guerre, de déportation et d'occupation. Il parle aussi de sa voisine juive, si jolie, emmenée par les allemands. Parfois, il y a des moments dangereux où il risque la mort, mais il les voit comme un jeu : aveuglément ou insouciance de l'âge.

Toute cette histoire est bien rendue, dans un style poétique. Les séances au cinéma où il est possible de toucher sa partenaire. Surtout les seins, car l'autre endroit effraie, et il y a des codes à respecter, on ne s'y aventure pas.

     Il décrit les autres personnages avec sa vue d'enfant, des descriptions vraies, qui mettent en avant les défauts, qu'on ne dit plus une fois grand, mais que les enfants osent employer.

Frais et léger malgré les thématiques abordées. On prend plaisir à le lire et on rit de certaines petites choses. Un témoignage original.

Marion (Source image : Babelio)

Publié dans Historique

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M
Je ne connaissais pas ce roman, ni son auteur. Est-ce que des ados pourraient le lire ? Merci de ta chronique
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M
Bonjour Manou,<br /> Il est aussi connu pour ses peintures.<br /> En médiathèque il est plutôt rangé avec les romans pour adultes. Je l'ai lu il y a quelques années déjà, je ne m'en souviens pas autant que je le voudrais, mais il pourrait être lu par de grands adolescents. En sachant qu'il évoque beaucoup la sexualité. Ne convient donc peut-être pas à tous.