Gilgamesh, roi d'Ourouk de Robert Silverberg (1990)

Publié le par Marion L.

Gilgamesh, roi d'Ourouk de Robert Silverberg (1990)

Épopée du roi Gilgamesh. Connu dans les premiers écrits de notre monde.

     J'ai retrouvé avec plaisir l'ancien culte mésopotamien avec cette histoire (que j'aime beaucoup, ne me demandez pas pourquoi.) Les dieux vivaient comme des hommes. Mais parce qu'ils étaient des dieux, ils répugnaient à tout faire eux-mêmes. Alors Nammu, mère de l'océan, vint voir son fils Enki afin qu'il créasse des serviteurs. Enki et son épouse Ninhursag, terre nourricière et déesse de la genèse, prirent de l'argile et firent un corps. Ils fêtèrent ça et dans un moment d'ivresse, firent la maladie, la vieillesse et les imperfections physiques et mentales. Nammu exila Enki dans le fond des abîmes, sa demeure éternelle. Les hommes ont été créés.

     L'homme devient roi. L’auteur l'avoue lui-même, Gilgamesh est une image, celle du souverain parfait. Une force de la nature, béni des dieux, étant lui-même quasiment un dieu. Son pouvoir lui vient d'en haut, cela ne peut être contesté. Courageux, vaillant, fort, il ne craint rien et gouverne comme il se doit. Mais sa vigueur n'est pas celle des hommes, alors il les épuise. Il ne connaît pas la fatigue, une fouge sans limite le guide.

La solitude est sa plus fidèle amie alors qu'il ne veut pas d'elle.

     Nous retrouvons des thématiques courantes : L'amitié, l'attraction amoureuse (l'amour pluriel, l'attachement ou lien entre les hommes qui amène la notion de fidélité / soumission) et la mort (centrale, primordiale, toujours présente, du début à la fin, l'accepter est ici source de sagesse. Nous sommes malheureux, fou à la repousser et la dénigrer de la sorte), et la religion. Surtout la mort. On cherche à lutter contre elle, mais quoi qu'on fasse, elle nous rattrape toujours. Elle est maîtresse de la vie, elle est l'ultime action de chaque mortel. Et même un héros, un roi presque dieu, habité par un dieu, ne peut y échapper.

Ce qui est intéressent est de voir leur mode de vie à travers leur culte. La prostitution existait, par exemple, mais il en existait une de sacré, prodiguée par les prêtresse d'Inanna.

     Tout ceux qui aiment la mythologie seront satisfait de ce livre. Nous suivons les épopées du roi Gilgamesh. La religion fait partie intégrante de sa vie. Le tout raconté dans une oeuvre de fiction, bien loin des documentaires. Ainsi, un peu déçue de ne pas en découvrir davantage sur le fonctionnement de leur civilisation et leur culte.

Fascinée par cette thématique, je n'ai pu qu'apprécier ce livre.

     Le statut de déesse d'Inanna et son statut de roi les empêche de s'aimer. C'est l'amour, sa trahison, ses douleurs, ses attentes, qui interagissent sur leur comportement à l'un ou à l'autre. La passion si attendue, l'impression que l'autre vous appartient alors que cela n'est pas, la force de la jalousie, la rancoeur lorsque l'être aimé nous trahit ou ne réagit pas comme l'on aimerait.

     Gilgmesh est roi, est dieu, mais aussi homme. Et malgré son orgueil, sa force, sa divinité, il connaît ce que tout homme connaît, à des degrés différents, car tout chez lui est décuplé.

Dans l'ensemble une bonne découverte, quoiqu'un style peut-être trop impersonnel pour moi. Je partage.

Marion (Source image : Babelio)

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M
Cela fait très longtemps que je n'ai rien lu sur la mythologie et donc je prends note de ce livre qui reprend le mythe de Gilgamesh. Merci pour ta chronique
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M
Merci pour ton commentaire ^^.<br /> Certains mythes sont moins exploités par la littérature, et la Mésopotamie en fait partie. C'est donc toujours intéressant.