C'est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood (2017)

Publié le par Marion L.

C'est le coeur qui lâche en dernier de Margaret Atwood (2017)

Une auteure dont on a beaucoup entendu parler avec le succès de la servante écarlate. Une belle découverte.

     Une importante crise financière a touché les Etats-Unis. Le pays s'effondre, des zones plus touchées que d'autres. Stan et Charmaine sont dans l'une d'elles. Depuis un certain temps ils ont tout perdu alors qu'ils avaient une bonne situation. Ils doivent vivre dans leur voiture, fuir les vandales et surveiller leurs maigres biens. Seule Charmaine a retrouvé un petit emploi de serveuse qui ne paie pas très bien.

Rien ne va pour le couple. C'est pour cela que lorsqu'ils entendent parler de Consilience, ils y vont.

     Consilience est un concept de ville. Une ville fermée. On vous y promet une belle vie avec maison, lit, jardin, emploi. La seule contrepartie est de passer un mois sur deux dans la prison de la ville. Et chaque personne a son alternant. Dès que Stan et Charmaine sont en prison, un autre couple prend leur place dans la maison. Ils alternent ainsi tous les mois.

     Et tout semble parfait. Mais un jour, Stan découvre un mot sulfureux de Jasmine, la femme qui prend la place de Charmaine. Jasmine devient un fantasme. Il faut qu'il la croise. C'est alors que tout dérape pour lui et par ricochet pour Charmaine.

Il y a tellement de pistes à exploiter pour ce livre. Margaret Atwood nous livre ici une satire de la société. Une critique burlesque et absurde, à la fois drôle et sombre.

     L'appât du gain par exemple. Jusqu'où peut-on aller pour l'argent, pour en gagner ? Surtout quand on a des actionnaires. Et jusqu'où peut-on aller pour assouvir ses désirs ? Le sexe prend une grande place dans le livre. Le fantasme, une orientation sexuelle divergente (une exploitation excellente avec le personnage de Veronica), la libération du désir féminin à travers Charmaine, et ses dérives à travers les robots sexuels, et encore plus avec cette opération du cerveau.

     L'auteure joue aussi avec la morale. Comme ces robots sexuels enfants : une bonne chose ? Permettre aux pédophiles de ne plus toucher aux enfants ou un substitut qui ne le restera pas longtemps comme celui que possède Ed ? Et la question du libre arbitre ?

     L'exploitation en masse de l'image du King, Elvis Presley, et de Marylin Monroe. Soit en tant que jouet sexuel, ou en tant que show. Très intéressant.

     Et cette fin - sans la révéler - avec les réseaux sociaux qui se soulèvent, les blogueurs qui jugent, les arguments évoqués. C'est tellement près de la réalité qu'il pourrait - malgré les situations absurdes (dans un sens littéraire) - être vrai

Un livre fascinant et très intelligent. Il faudrait sûrement plusieurs lectures pour tout voir. En plus d'être captivant. Du début à la fin nous suivons les aventures de ce couple avec grand plaisir.

Marion (Source image : Babelio)

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M
Moi aussi j'ai beaucoup apprécié sa lecture même si je comprends que certaines personnes n'apprécient pas son style, c'est un roman qui fait réfléchir...
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M
Je suis tout à fait d'accord avec ça, Manou. Un roman qui fait réfléchir, exactement. En tout cas de mon côté il m'a donné envie de lire d'autres livres de cette auteure.