Calendrier de l'Avent 17 #17 : La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald

Publié le par Marion L.

Calendrier de l'Avent 17 #17 : La bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald

Dix-septième jour, dix-septième livre, dix-septième chronique : Un roman qui fait du bien. Un hymne aux livres et à la vie.

     Sara et Amy entretiennent une correspondance. Sara est suédoise mais elle est invitée par Amy, américaine, à passer deux mois dans l'Iowa. Ou plus précisément dans la petite ville de Broken Wheel. Une ville souvent évoquée par Amy. Sara, que rien ne retient en Suède, arrive donc aux Etats-Unis pour deux mois. Sauf qu'Amy, entre temps, est décédée.

     Sara s'intègre tranquillement et ouvre sa librairie. Pour elle les gens de Broken Wheel sont tristes, perdus... et ont besoin des livres. Elle est amoureuse folle des livres et pour elle ils sont la solution à tous les problèmes. Elle n'a pas complètement tort, même si les gens lui apprennent que la réalité peut elle aussi être belle, surprenante et digne d'être vécue.

Ce qui relie les deux femmes ? Leur amour des livres. Comment leur correspondance a commencé et pourquoi ? Nous ne le savons pas, ce qui m'a manqué.

     Les habitants de cette ville sont uniques. Ils nous deviennent familiers, chacun avec sa personnalité : Caroline et sa froideur qui intimide tout le monde ; Jen et son excentricité, celle de la femme qui veut tout régenter; Georges et sa timidité, un homme perdu et détruit depuis qu'il a perdu sa fille ; John, un fantôme d'une grande importance ; Andy et Carl, un couple homosexuel, le premier toujours en forme qui met l'ambiance et le second tellement beau qu'il a peur des femmes ; Grâce, une femme issue d'une famille de femmes fortes, libres et qui tient à assumer la réputation ; Tom, prêt à tout pour tout le monde... Comme Sara, nous apprenons à les connaître. Et comme il ne se passe rien dans ce petit village de 600 habitants, nous avons tout notre temps pour les apprivoiser.

Il faut le dire, ils sont tous timbrés. Mais très attachants.

     Les 580 pages ne se remarquent pas. Je serai bien restée avec eux pour ma part. Ce livre m'a vraiment beaucoup plu, un énorme coup de cœur. Malgré des avis mitigés sur la toile.

     Sara arrive à trouver un livre pour chaque personne, même les plus sceptiques. Le meilleur passage ? Cette vieille dame, qui fume tout le temps au point d'avoir tué plusieurs maris de cette manière, qui prend un livre. Elle se moque des histoires d'amour. Pas de problème, Sara lui trouve un livre sans romantisme : l'homme qui n'aimait pas les femmes. Elle revient le lendemain pour la suite : elle en a même oublié de fumer.

Les livres vont bouleverser la vie de ces gens. Et la vie va, en contrepartie, bouleverser Sara.

     Amy sera malgré tout présente tout au long du livre, à travers ceux qui pensent à elle ou parlent d'elle, et à travers ses lettres.

     Sara parlera aux amoureux des livres. Sa manière de les voir, de les idéaliser, de les respirer (oui les livres ont une odeur), et d'être frustrée parce qu'une vie entière ne suffit pas à tous les lire : "Quelle terrible prise de conscience : savoir qu'il y avait tant de livres qu'elle ne toucherait jamais, tant d'histoires qui se poursuivraient sans elle, tant d'auteurs anciens qu'elle n'aurait pas le temps de découvrir !" ; "Le fait tragique que les écrits sont immortels alors que l'homme ne l'est pas."

Un réelle plaisir de lire cette histoire. Et même si le début peut effrayer, la suite en vaut le coup.

Marion

Publié dans Autres, Coups de coeur

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