Les filles mortes se ramassent au scalpel volume 2 de Gudule (2009)

Publié le par Marion L.

Les filles mortes se ramassent au scalpel volume 2 de Gudule (2009)

Envie de frissonner ? En novembre, retrouvez des chroniques de livres d'épouvante, de fantômes ou de monstres en tout genre.

Un recueil de huit romans courts fantastiques de l'auteure Gudule. Chaudement recommandé par une amie comme quelque chose d'effrayant, je m'y lance.

Première histoire : Le poison

     Il y a eu un mort au sein de l'équipe d'un petit journal spécialisé dans la pornographie. L'homme est-il mort de cause naturelle comme tout porte à croire ? Ou a-t-il été tué ? Et si oui, par qui, ou par quoi ?

     L'équipe du journal est terrifiée. Sans parler du meurtre de deux jeunes femmes torturées. Tout le monde semble suspect.

     La fin est quasiment inattendue et tente de regrouper tous les indices présents dans le livre. Tout correspond mais quelque chose ne m'a pas convaincue.

Le recueil s'ouvre avec une histoire qui malgré mes dires, m'a occupée un petit moment. Je ne l'ai que très rarement lâché. La tension causée par une potentielle cause surnaturelle me plaisait bien : vampire ? Sorciers ? Ou encore succube puisque les victimes ont eu des rapports avant de mourir... les paris sont lancés.

Deuxième histoire : L'innocence du papillon

     Barbara et Patrick sont mariés depuis une trentaine d'années. Commence alors un étrange phénomène. Dès qu'ils font l'amour, Barbara est projetée ailleurs jusqu'à l'orgasme. Dans le passé de Patrick ? Elle y croit et la folie s'empare d'elle. Il lui faut sans cesse y retourner pour retrouver un Patrick jeune.

     Une étrangeté car Patrick de ce monde a 15 ans, comme leur fils. Un fantasme d'inceste ? Son fils a eu une relation et la voilà réagissant comme une femme jalouse. A rêver de ce garçon qui lui ressemble alors qu'elle a un rapport sexuel. Le père et le fills semblent ne faire plus qu'un. Avec qui rêve-t-elle vraiment d'avoir des rapports ?

     Et ce monde est-il inventé ? Elle voit les conséquences de ses conseils sur le Patrick du présent. Voyage-t-elle vraiment dans le passé de l'homme qui la pénètre ? Ou est-ce dans sa tête ? La fin soulève la question.

Une histoire étrange mais intéressante. Une plongée dans la folie d'une femme.

Troisième histoire : Un amour aveuglant

     Une plongée cette fois dans la folie. Raphaël Gauthier est un auteur de Bd célèbre. Nina, une jeune lycéenne, le rencontre lors d'une séance de dédicaces. Elle souhaite l'interviewer pour le journal dont elle s'occupe à l'école. Elle le revoit et tombe amoureuse. Mais voilà, il y a toujours cette femme qui l'empêche de le voir. Et qui lui certifie que Raphaël est fou. Qu'il arrache les yeux. Plusieurs retours en 1984 nous apprend d'où vient cette folie et... ce n'est pas toujours ce qu'on croit.

     Pour le moment il s'agit de mon roman préféré. Il est complexe et ne donne les informations que lorsqu'il le faut pour que la solution ne nous vienne pas trop vite. Le traitement de la folie de Raphaël m'a beaucoup plu.

Quatrième histoire : L'asile de la mariée

     Les histoires sont de plus en plus dures. Celle-ci est même carrément gore. Un jeune marié est tué la nuit de sa lune de miel et sa jeune épousée est violée. De là commence toute l'histoire. Julien est un petit garçon d'une dizaine d'années. Il n'a pas le droit de sortir et déteste ses parents. Des parents qui lui prennent du sang, l'empêchent de vivre et semblent ne pas l'aimer. Julien n'est pas un petit garçon comme les autres, en lui couve quelque chose. Quelque chose qui se déchaîne.

     Une histoire qui nous faire relever les yeux qu'une fois achevée. Chargée en tension, elle nous maintient attentif malgré l'horreur des faits qui s'y déroulent. Nous ne savons pas qui est le méchant dans cette histoire. Il n'y a aucun gentil au final. Les adultes, horribles bourreaux ? Le garçon ? Un démon au physique d'enfant. Alice ? Qui se prête au jeu ?

     Le point de vue de cette histoire nous met du côté de Julien. Et pourtant... Très intelligent. L'horreur est crescendo.

Cinquième histoire : Bloody Mary's baby

     Des enfants disparaissent à travers le monde. Des pédophiles sont arrêtés. Il n'en faut pas plus pour que la psychose se place. Jonathan se sent d'ailleurs oppressé par sa mère, trop protectrice. Une fois éloignée, le voilà libre de sortir au parc. Mais la menace des pédophiles n'est pas loin.

     La menace ne vient pas forcément de là où on pourrait s'y attendre. Encore une fois, Gudule nous plonge dans la folie humaine à travers le regard d'un enfant de 12 ans, Jonathan. On le voit s'empêtrer dans le piège de l'araignée. Parce que nous comprenons avant lui ce qui se passe, ce qu'il en est et donc dans quel piège il fonce.

     Tension. Surtout qu'elle semble jouer avec nous. Des retours dans le temps avec une rockstar nous pousse à penser comme le personnage. Mais comme dit plus haut, le danger ne vient pas toujours de là où on s'y attend. Les apparences peuvent être trompeuses.

La seule qui ne se termine pas. La fin arrive au moment le plus critique. Pas de résolution.

Sixième histoire : Petit théâtre de brouillard

     Le titre est bien trouvé. Emma est sénile. Nous pouvons même dire, enfermée dans son monde et ses souvenirs, malgré la présence de sa famille autour d'elle. Et là les chapitres alternent entre les souvenirs d'Emma - une petite fille cruelle qui croit bien faire mais torture, maltraite ceux qui l'entourent - et ce que pense la famille d'elle - une femme merveilleuse, très pieuse, adorable, aimante et douce, à des kilomètres des souvenirs d'Emma.

     Et dans ce théâtre de brouillard, qui a raison ? Qui est-elle au fin fond de son être ? L'auteure joue. Du très bon travail.

Septième histoire : Géronima Hopkins attend le père noël

     Géronima Hopkins a une histoire toute personnelle avec le père noël. Que nous comprenons mieux qu'elle, nous devinons la vérité. Auteure à succès, le père noël est son secret. Elle l'attend depuis cinquante ans. Sa rencontre avec une fane va lui permettre de vivre son fantasme.

     L'auteur n'a pas peur de choquer. Encore de la pédophilie et une sexualité malsaine. Même si c'est bien écrit et qu'elle maîtrise son scénario et ses personnages, j'ai eu un recul sur cette histoire. Peut-être aurait-il fallu que je fasse une pause, que je ne lise pas toutes les histoires à la suite.

     En tout cas le piège se referme sur les personnages. Et encore une fois, elle s'amuse avec les faux semblants et nous prouve que le danger vient d'ailleurs.

Huitième histoire : Les transfuges de l'enfer

Neuf personnages. Nous suivons leur histoire, le moment de leur névrose. Pourquoi ? Pour l'acte II. Je n'en dis pas plus.

Encore une fois, Gudule nous plonge dans la folie humaine, agrémentée de sexualité débridée et un brin dérangeante.

Avis général : Que dire sur le recueil en général ? Très bien écrit. Gudule maîtrise la langue, ses personnages et ses intrigues. Dérangeant. La folie humaine dans tous ses états nous explose au visage. Ce qui me laisse donc mitigée.

Marion (Source image : Babelio)

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