Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist (2011)

Publié le par Marion L.

Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist (2011)

Envie de frissonner ? En novembre, retrouvez des chroniques de livres d'épouvante, de fantômes ou de monstres en tout genre.

     Oskar, 12 ans, se sent seul. Il vit dans une banlieue récente de Stockholm. Martyrisé par un groupe de sa classe, il n'en parle à personne et n'a pas d'amis. Un soir, il fait la connaissance d'Eli, sa nouvelle voisine, tout aussi seule que lui. Elle est étrange mais une amitié se tisse entre ces deux enfants.

     En parallèle, et pourtant lié, un homme tue. Il s'en prend à des enfants et leur vole leur sang. Pour quoi ? Ou pour qui ? Les attaques sont de plus en plus fréquentes. Quelque chose rôde.

     J'avais eu envie de me plonger dans une histoire de vampire suédoise. Et je ne suis pas déçue. John Ajvide Lindqvist mélange à la fois le thriller et le roman de vampire. Et ce avec brio. Même si nous savons qui tue et pourquoi, nous frissonnons.

Il a su me captiver et mêler subtilement la figure ancienne du vampire et la moderne.

     L'histoire s'intéresse donc à Oskar et Eli. Mais aussi à Tommy, un garçon de 16 ans et voisin d'Oskar. Ou à un groupe d'adultes un peu paumés et alcooliques qui veulent s'improviser chasseurs de vampires.

     Les personnages sont bien travaillés et l'intrigue emporte le lecteur, comme dans un thriller. Sauf qu'ici le tueur est un vampire.

     L'auteur, à travers cette histoire, soulève d'autres sujets : Tommy qui n'accepte pas le nouveau copain de sa mère et qui se drogue ; Virginia qui est terrifiée à l'idée d'aimer et donc de pouvoir en souffrir mais qui souhaite sauver Lacke, le seul homme qu'elle ose aimer ; l'amitié entre Lacke, Gosta et les autres et leur entraide dans la misère ; une légère critique de la société suédoise ; l'euthanasie avec cet homme qui veut mourir sur son lit d'hôpital et qu'on maintient en vie par tous les moyens malgré son état ; la solitude d'Oskar et Eli ; la moralité sur le meurtre : peut-on l'accepter sous certaines conditions ? Et puis le harcèlement scolaire, le mutisme, les gens aveugles et l'effet boule de neige. Oskar est persécuté mais personne ne fait rien et personne ne veut en parler, lui le premier. L'engrenage difficile, ne rien faire, subir, au risque que ça n'aille trop loin ? Ou se défendre, rendre coup pour coup et s'attirer les foudres des persécuteurs qui se vengent au lieu d'admettre qu'ils avaient commencé, au risque que ça n'aille trop loin ?

Je ne regrette pas cette lecture. A découvrir, vraiment. Je n'ai pas vu les adaptations, mais l'adaptation suédoise serait fidèle et aussi bien que le livre.

Marion (Source image : Babelio)

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C
Je n'ai pas lu ce livre mais je confirme, que le film, "Morse", est à lui seul d'une extrême splendeur esthétique! Je le conseil donc vivement!
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M
Merci pour ton commentaire. J'ai entendu beaucoup de bien du film et j'ai envie - depuis plus d'un an - de le voir. Il me reste plus qu'à le trouver.