Calendrier de l'avent 17 #6 : la voleuse de livres de Markus Zusak

Publié le par Marion L.

Calendrier de l'avent 17 #6 : la voleuse de livres de Markus Zusak

Sixième jour, sixième livre, sixième chronique.

     Liesel a souvent côtoyé la Mort, narratrice de cette histoire. C'est elle qui a croisé plusieurs fois la jeune fille et a voulu partager son histoire. Celle de cette fille qui a vu mourir son jeune frère et qui en fait des cauchemars. Laissée à Rosa et Hans Hubermann, Liesel grandit... et vole des livres, comprend la force des mots et, à son niveau, combat le Führer.

Une histoire pour laquelle j'ai vécu trois phases :

  1. La première n'est pas un bon retour. Peut-être n'avais-je pas envie de lire, mais je n'arrivais pas à entrer dans l'histoire. L'auteur prend le temps de placer ses personnages et le décor. Avec un différé car la Mort, la narratrice, connaît déjà toute l'histoire. Au début le texte est donc décousu. Mais c'est l'écriture même de l'auteur qui me gênait. L'empathie n'était pas là.
  2. La seconde a été bien mieux. Je lisais sans pouvoir m'arrêter. Nous découvrons enfin la vie de Liesel, ses vols et surtout, son entourage. Que ce soit ses parents, que la Femme du Maire, que Rudy. Ah Rudy ! Son meilleur ami qui rêve d'un baiser d'elle ; que Max le juif boxeur. C'est à la fois le plus beau de l'histoire et le pire. C'est ce que constate la Mort, l'homme est capable du pire comme du plus beau, et l'auteur le rend merveilleusement bien.

Il y a l'horreur et parfois un peu d'Humanité qui réchauffe le cœur. Et puis il y a les livres et les mots qui, eux aussi selon qui les utilise, ont un pouvoir positif ou négatif. Comme ceux d'Hitler et ceux de notre voleuse de livres. Un pouvoir d'ailleurs expliqué par un conte écrit par Max. A travers lui les notions sont expliquées sous forme de petites histoires. Des petites histoires qui font réfléchir.

3. Et enfin, la dernière phase, le trop plein de sentiments; la tristesse, l'injustice. Ce que la Mort elle-même appelle la fin du Monde. Celui de Liesel ? Le nôtre, le temps de cette lecture ? Nous nous attachons à la fois à la rue Himmel et à tous ses habitants, à la petite Liesel.

Ce qui est sans doute le plus fort finalement, ce sont les anticipations de la Mort, qui s'excuse de lâcher l'information avant.

     Et pourtant... L'auteur, à travers elle, nous prévient, par exemple, qu'un personnage va mourir. Mais il continue à nous montrer ce personnage, à faire en sorte qu'on s'y attache en sachant par avance qu'il mourra. Nous redoutons cette mort qui peut arriver à tout instant. Et lorsqu'elle arrive, nous avons beau le savoir, nous sommes touchés.

Un livre qui vous marquera. Nous sommes en Allemagne alors qu'Hitler est au sommet de sa "gloire". Pourtant nous n'avons pas l'impression d'être dans son camp, nous découvrons ses victimes.

Difficile après une telle force d'oublier Liesel et ses siens...

Marion

Publié dans Coups de coeur, Historique

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P
Jai essaye de le lire, mais le début ma un peu gené. Jai eu du mal avec la maniere dont l'auteur écrit, jai donc abandonné...
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M
Oui, en effet le début est déconcertant. Moi aussi j'ai eu du mal avec le début, je ne l'ai pas trop aimé. Mais la suite est sublime. Il ne faut pas se forcer à lire un livre quand on n'aime pas ^^. ça doit rester du plaisir.