La confrérie des chasseurs de livres de Raphaël Jerusalmy (2013)

Publié le par Marion L.

La confrérie des chasseurs de livres de Raphaël Jerusalmy (2013)

François Villon, poète et brigand échappe à la pendaison grâce à un accord passé avec l'évêque de Paris, envoyé par Louis XI.

     L'histoire connaît Villon, son arrestation, mais ce dernier disparaît. L'auteur a cherché à donner une explication à cela. En effet, François accepte une mission en échange de la Grâce du roi. Il doit d'abord convaincre un libraire qui imprime des livres interdits par Rome de venir faire la même chose ici en France.

     Le roi a une idée derrière la tête : celle d'affaiblir le pouvoir de Rome et du pape sur lui et son peuple. Il veut devenir un monarque qui n'aura pas à s'inquiéter de l'ombre gigantesque du pape.

     Villon, aidé de son ami et collègue brigand Colin, voit son voyage le mener à Jérusalem, en terre sainte. Et alors commence vraiment la manipulation, car d'autres gens que le roi ont des idées derrière la tête et des buts.

     François sera même confronté à une mystérieuse confrérie, celle des chasseurs de livres, gérée par la Jérusalem d'en-bas, un réseau de juifs. Qui a elle-même ses propres projets et qui se sert de ceux des autres pour son propre compte. C'est elle qui est au centre de tout ça, se servant de la culture écrite comme arme.

     L'idée est excellente. Prendre un personnage existant et tenter de retracer son histoire, celle que les livres n'évoquent pas. L'idée de prendre des livres comme arme ne semble en rien farfelue, bien au contraire. Il y a de grandes oeuvres considérées comme telles aujourd'hui, qui se vendaient sous le manteau comme Baudelaire et ses fleurs du Mal, censurées à leur parution.

     La culture a toujours été ce qui faisait la différence entre une démocratie et une tyrannie complète et barbare. Lorsqu'un peuple désire contrôler, il commence par là, quitte à détruire dans d'horribles autodafés. Puisque l'art, l'écrit et les autres formes culturelles sont le symbole de la liberté d'expression et de pensées. Ce sont également l'identité de tout un peuple, son histoire.

     Je reviens à mon histoire. Le texte est au présent, ce qui me déroute à chaque fois. Pour ce livre, nous avons l'impression qu'il s'agit bien plus d'une liste de faits que d'une narration.

     La religion est vite présents par le fait que Louis XI cherche à s'émanciper de l'église, que les juif veulent porter un coup terrible à la chrétienté, et que la chrétienté cherche, de son côté, à limiter les dégâts dans ses rangs et détruire les menaces. Le tout accompagné d'un texte d'envergure, sacré, qui pourrait changer la ou les religions. 

    Je vois le potentiel de cette histoire, mais elle ne m'a pas emballée. Ce livre est bien, nous avons des complots, des liens entre les personnages, en ne sachant qu'après coup qui commande quoi et pourquoi... le suspens est là.

     Une histoire complète et finement menée.

Pour résumer, reprenons les dires de l'éditeur : il "cumule le charme et l'énergie de Fanfan la Tulipe, l'engagement et la dérision de Don Quichotte et le sens du suspens d'un Umberto Eco." A votre opinion.

Marion (Source image : Babelio)

Publié dans Historique

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