IRL d'Agnès Marot (2016)

Publié le par Marion L.

IRL d'Agnès Marot (2016)

Un mixte : 1984 d'Orwell, The Truman Show de Peter Weir, la dispute de Marivaux, Frankenstein de Mary Shelley, Second life de Linden Lan, Pinocchio de Carlo Collodi, Pygmalion et Galatée dans les Métamorphoses d'Ovide, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury...

     Chloé est une adolescente comme les autres, blessée par la vie. Son père est parti quand elle était petite, sa mère ne s'en remet pas et ses projets tombent souvent à l'eau. Sa vie sentimentale est nulle. Sa meilleure amie à qui tout réussi est ce qu'elle a de mieux. Le bac arrive, lui et le choix de carrière qu'elle devra faire et qui décidera de tout. Bref, une fille normale. Alors pourquoi le livre s'ouvre-t-il sur une Chloé transformée qui s'adresse aux téléspectateurs ?

     Parce que le créateur de Chloé lui permet d'ouvrir les yeux, au moment même où un nouveau arrive, lui plait et lui montre qu'elle lui plait aussi. Son premier coup de foudre, enfin sa chance d'être heureuse. Mais voilà, elle reçoit des mails étranges la prévenant qu'elle est observée, ce qui est confirmé par la présence de caméras partout en ville. Le cauchemar vient de commencer car Himli, le garçon, change et se comporte étrangement. Chloé apprend la vérité sur elle, les siens et son monde. Elle est le fruit d'un simple jeu vidéo.

     Les références de l'auteure sont là, comme dans Truman Show, Chloé est observée à son insu. Comme dans la Dispute de Marivaux d'ailleurs, elle est une curiosité qu'on observe. Alors même qu'elle se sent humaine. L'auteure explique merveilleusement bien ses références et ce qu'elle voulait faire avec ce livre à la fin. Je vous invite à y jeter un oeil.

    Voici un livre pour adolescent (électrogène, la collection, s'adresse aux plus de 15 ans) très intelligent qui soulève une moralité. Cette IA est un programme. On peut jouer avec. La comparaison avec les Sims est sympathique. Mais elle a un quotient émotionnel plus important que l'humain, elle ressent, elle a son intelligence, sa personnalité, ses émotions, sa conscience... n'est-elle pas humaine? Est-elle encore un simple personnage de jeu vidéo ou a-t-elle passé un cap qui fait d'elle autre chose ? La frontière est floue.

     Surtout que dans ce monde futuriste inventé par l'auteure, l'histoire se déroule à travers les yeux de Chloé, celle qui nous ressemble le plus, puisque le jeu est basé sur notre époque. C'est à travers ses yeux à elle que nous voyons ce nouveau monde où les gens sont déconnectés, ou du moins, trop connectés à leurs écrans. comme si c'étaient eux les personnages fictifs, sans âme et sans volonté propre, et non Chloé.

     Le quotidien a fait que j'ai mis une semaine à lire le livre. Beaucoup trop pour rester plongée dans l'univers est en apprécier tous les détails.

Un très bon livre, original, intelligent, mais qui ne m'a pas "transcendée". Le genre de livre dans lequel il faut se plonger et n'en ressortir que rarement. Ce que je n'ai pas fait. Parce qu'il est entraînant. Une fois qu'on est entré, on est entré. A découvrir, il en vaut le coup.

Marion (Source image : Babelio)

Publié dans Jeunesse - Adolescents

Commenter cet article