Suite française d'Irène Némirovsky (2004)

Publié le par Marion L.

Suite française d'Irène Némirovsky (2004)

Les Allemands arrivent sur Paris... C'est la déroute des Parisiens. Et l'Occupation.

     Le livre est séparé en deux parties. Dans la première nous assistons à l’Exode de juin 1940. Les allemands sont en train de gagner la guerre et marchent sur Paris. Les parisiens tentent de les fuir. On assiste à ces départs. Que ce soit des familles, des propriétaires qui veulent sauver malgré tout leurs biens, des cocottes abandonnées par leur amant qui préfère se sauver en famille… Ce sont les embouteillages, la faim, le chacun pour soi, ou parfois l’entraide, l’arrivée massive dans des villages, les bombardements, la pénurie d’essence… Et toujours ce souvenir de la guerre 14-18 qui avait été victorieuse pour les français.

     La seconde partie se passe quelques temps après, sous l’Occupation. Les allemands vivent parmi eux. Notamment dans le village de Bussy. On aperçoit la cohabitation entre vainqueurs et vaincus. La haine, la collaboration. Ces jeunes femmes séduites, dans un monde où il n’y a plus d’hommes à part ces allemands.

     Lucile et sa belle-mère doivent accueillir un officier chez elles. Lucile pense être libre, mais son inclination pour Bruno est contrebalancée par un sens moral : c’est un ennemi, et son mari – même s’il ne l’a jamais aimée – est prisonnier ; elle n’a pas le droit d’être heureuse loin de lui. C’est tout une époque.

     Ce livre est intelligent. Personne n’est gentil ou méchant. Les allemands ne sont pas diabolisés. Au contraire, elle montre qu’ils sont avant tout des hommes, des hommes qui, comme eux, n’ont pas forcément voulu cette guerre, ont des familles qui les attendent au pays. Ils ne sont pas tout-beaux, tout-propres, non plus. Et les français non plus. Ils doivent vivre avec l’occupant, ce qui n’est pas une situation facile, l’envie de résistance est forcément là. Parfois exagérée. Des tensions apparaissent entre français.

     C’est le témoignage d’un moment de notre histoire. Dans une écriture esthétique et agréable. Le livre est bien écrit, à la manière de nos classiques. Un bon moment à passer avec ce livre posthume.

     J'ai également regardé le film. Fidèle au livre il prend tout de même sa propre orientation.

Marion (Source image : Electre)

Publié dans Historique, Classique

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