Les ennemis de la vie ordinaire d'Héléna Marienské (2015)

Publié le par Marion L.

Les ennemis de la vie ordinaire d'Héléna Marienské (2015)

Différentes addictions sont mélangées lors d'une réunion organisée par une thérapeute. Un mélange explosif. Une vraie fausse bonne idée? Drôle et décalé.

     Clarisse, thérapeute spécialisée en addictions, lance un grand projet qu’elle estime révolutionnaire. Au lieu de cloisonner les addictions lors des groupes de parole, elle veut les mélanger. C’est ainsi qu’une addict de l’alcool, un et une toxico, un addict du sport, un de sexe, une de shopping, un de jeux, se rencontrent. Chacun a son histoire, son addiction, ses problèmes, ses dettes. Et ils sont tous patients de Clarisse en individuel.

     Au début, personne n’ose vraiment parler, et certains plus que d’autres. On découvre peu les personnages lors de la réunion, mais bien plus en dehors. Puis le groupe s’unit et devient plus fort que Clarisse. Des amitiés fortes, des amours…

     Cette thérapie est-elle une réussite ? Grande question que l’on se pose durant la lecture, même si la réponse est évidente pour le lecteur. En tout cas, rien ne va dans le sens désiré par Clarisse. Ses patients sont des « ennemis de la vie ordinaire » car, avec leur addiction, ils n’ont rien d’ordinaire. Elle est leur vie, ce qui trace leur existence, leurs actions, leurs pensées. Même quand ils s’unissent pour un projet commun, ce n’est pas pour une guérison, pour un retour à la « vie ordinaire », mais autre chose.

     Une écriture rythmée et agréable. Des personnages attachants. Clarisse ne semble être que le seul élément qui les réunit. Elle s’éclipse au bon moment et sait s’écarter. Ce qui rend ce personnage lui aussi intéressant.

     L’auteure parle clairement des addictions, sans les cacher ou les diminuer pour ne pas choquer un quelconque lectorat. Elle se permet par contre une touche d’humour. Et même s’ils semblent s’amuser et que leur addiction paraît plus légère, une gravité diminuée dans l’ambiance du livre, elle est là. Malgré le ton léger et les réactions des personnages qui prennent les choses à la légère, on sent que la situation échappe à tout contrôle. Et ce même si certains sont guéris, ou presque, ou ont réussi à trouver ce qui leur manquait. Mais sont-ils vraiment guéris ?

     Un livre agréable, intelligent. Et comme le dit la quatrième de couverture : « un conte moderne aussi réjouissant qu’immoral. » A découvrir.

Marion (Source image : Electre)

Publié dans Autres, Coups de coeur

Commenter cet article