Sentiment 26 de Gemma Malley (2012)

Publié le par Marion L.

Sentiment 26 de Gemma Malley (2012)

Dans un futur probable, les sentiments sont bannis.

     Une autre dystopie, une cité fermée du monde extérieur, comme pour Divergente. D’ailleurs le début de Sentiment 26 nous rappelle un peu celui de Divergente. Ici ce sont des Déviants. Il n’y a pas de castes, mais des étiquettes. Les gens sont séparés. Les A sont les plus respectés, les plus obéissants à la philosophie de la cité en quelque sorte. Puis les B, les C, les D ou déviants et enfin les pires, les E. Le Mal est proscrit, tout comme les sentiments. Les citoyens doivent les rejeter.

     Evie est une B, fiancée à un A. Elle a tout pour avoir une vie paisible, mais voilà… elle ressent. Elle a laissé le Mal l’atteindre malgré l’ablation des Amygdales (la partie du cerveau, pas celles dans la gorge) et son éducation. Elle aime Raffy, lui qui est rejeté, car on le soupçonne d’être un D au fond de lui. Evie est confrontée à un choix. Aimer Raffy et être elle-même, ou tenter de tout réfréner et suivre la doctrine de la cité.

     Réfréner les sentiments, voilà une bonne idée (ironie, pas contre l’auteure). Alors même que les hommes évoluent et vivent selon leurs sentiments. Ils font partie intégrante de nous.

     D’ailleurs, il y a une sorte de rejet. Explication ^^ : Lucas est un A parfait, ce vers quoi tout bon citoyen doit tendre. Mais il agace le Frère, leur gourou en quelque sorte, car Lucas n’a pas de sentiments, son regard reste froid. Une volonté d’un tel résultat et pourtant, une partie de nous rejette cela. Ce que fait le Frère sans s’en rendre compte sûrement. Intéressant. De plus, dans la conversation où cela ressort, le Frère est rassuré quand il voit une étincelle de sentiments chez Lucas, ce qui l’amène, suite à cela, à le qualifier d’humains.

     Certes je vais loin, leur but n’est pas d’occulter tous les sentiments, juste ceux néfastes ou le désir (de toute sorte).

     Gemma Malley semble aimer ce genre de défi. Ici les sentiments, dans sa trilogie, on évoquait la vie éternelle (lu, mais l'article n'est pas encore publié). Elle reprend des sujets, ou du moins des questionnements familiers et les poussent à leur extrême. Entre ne pas vieillir : oui mais qu’est-ce que cela implique ; et les sentiments (surtout orgueil, colère, cupidité, jalousie…) sont parfois néfastes et poussent les hommes aux pires horreurs : et si on les retirait, que se passe-t-il ?

     Comme dans sa trilogie, il y a un temps où l’on découvre ce nouveau fonctionnement, où le personnage principal essaie de s’y conforter. Puis un garçon la détourne du droit chemin, et on apprend en même temps qu’elle que cette vie n’est pas parfaite, que les gens mentent. Et enfin, ce que cette découverte implique.

     Une fin qui peut être une fin où l'on devine que l’histoire continue sans nous, ou le passage à un second tome (à fouiller.)

     Un début qui ennuie un peu, mais une fois l’histoire lancée, on se prête au jeu et on prend plaisir à lire. Quelques clichés, dommage (les deux frères très différents mais qui font battre son cœur…)

Marion (Source image : electre)

Si vous avez aimé, vous aimerez : Divergente de Veronica Roth ; Enclave de Ann Aguire, prochainement sur le blog, seuls au monde d'Emmy Laybourne ...

 

Publié dans Jeunesse - Adolescents

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