Le mystère de la chambre bleue de Jean d'Aillon (2005)

Publié le par Marion L.

Le mystère de la chambre bleue de Jean d'Aillon (2005)

Lu et article écrit en 2013. Une enquête policière au cœur du Paris de 1641.

     Nous sommes en 1641 et nous suivons une enquête menée par Louis, un jeune notaire de la ville de Paris. Il est embarqué malgré lui dans une sombre affaire qui réunit les grands du royaume… en effet, son ami Gaston, membre de la police, vient le voir au sujet d’un meurtre étrange. Celui d’un serviteur tué d’une balle, dans les rues grouillantes de Paris à cette époque, sans bruit de tir et sans témoins. Intrigué et curieux de résoudre cette affaire, Louis aide son ami dans cette enquête, abandonnant pour quelques temps sa mission de répertorier les affaires du duc de Vendôme, alors en exil. Peut-être que tout cela est, au fond, lié d’une quelconque manière.

     Le complot impliquant de hauts personnages, voilà que Louis se fait des ennemis très puissants, même si quelques amis pointent le bout de leur nez. Son intelligence et une part de débrouillardise le sauvent de nombreux faux pas.

     Ce qui est intéressant ici c’est qu’on voit les grands du royaume, mais aussi l’impact de leurs « jeux et querelles » sur les petites gens, la bourgeoisie… On assiste aux manigances de la cour hors de la cour. Et la description de Paris de l’époque est très juste, avec son odeur et sa crasse. Par exemple, un moment dans l'histoire, Louis part à pied, et ce n’est pas la gentille balade que l’on peut faire aujourd’hui. Il en ressort crotté, pas juste sale, mais couvert d’excréments et autres cochonneries jusqu’aux chausses (tout de même.)

     Que de rebondissements en tout cas dans un livre court, qui nous tient en haleine. Si ce n’est cette belle et douce Julie. On le sait amoureux, mais on ne le sent pas amoureux. L’auteur reste dans l’énoncé des faits. Il se passe telle chose, point, pas de sentimentalisme, la raison prédomine. Ce n’est pas déplaisant, mais il faut le savoir.

     Une belle écriture, plus poussée, plus recherchée et adaptée à l’histoire. Je n’ai pas lu les autres aventures de Louis de Fansac, mais pourquoi pas. Par contre, j’ai eu l’occasion de rencontrer d’auteur qui me parlait d’un personnage qui se nommait comme moi « Marion » sur Limoges, je pense l’avoir découvert ici.

     L’auteur s’adresse parfois à nous directement pour nous dire, par exemple, que les personnages savent une chose que nous n’apprendrons que plus tard dans le récit, ou pour nous signifier que cette fois nous en savons plus. Est-ce un jeu de l’auteur ? Pour cela il faudrait le lui demander, je ne suis que simple lectrice.

     Si vous avez quelques heures devant vous, n’hésitez pas. On sent que la trame est complexe et heureusement le personnage principal, Louis, découvre les choses plus vite que nous pour nous apporter quelques lumières dans cette grande enquête. Pas d’analyse ADN, de poudre, balistique et d’autres procédés, c’est une ancienne méthode, tout en déduction et en analyse des faits.

     En bref, ce complot est fascinant dans la manière dont il est traité, et il faut suivre ! Même si l’auteur nous tient par la main et que tout est clair, mais c’est pour dire qu’il s’en passe des choses entre le 02 mai 1641 et le 18 avril 1642 (plus six semaines, si j’ai bien compris.) Nous découvrons la vie à la fin du règne de Louis XIII, et surtout celui du terrible cardinal de Richelieu, pas vraiment vu comme un saint. Et bien entendu le début de celui de Mazarin.

     L’histoire, les faits historiques, jouent un rôle dans l’intrigue mais restent en arrière plan, l’accent est mis sur l’enquête de Louis, et son dénouement (milieu du livre environ… attention je ne dis pas qu’il ne se passe plus rien après, juste qu’on sait ce qu’il en retourne, pourquoi ce pauvre homme est mort, qui l’a tué, pourquoi, et ce qui se cache derrière tout ça.) Louis se croira alors en sécurité, sauf que les événements vont le détromper, on cherche encore à lui nuire, mais qui ? Son long chemin commence pour se débarrasser (encore une fois) de son lourd fardeau.

Marion (Source image : site de la bibliothèque départementale de la Vienne)

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