Trône de fer, intégrale tome 2 de G. R. R. Martin (2008)

Publié le par Marion L.

Trône de fer, intégrale tome 2 de G. R. R. Martin (2008)

Lu et article écrit en 2013. Réunit : "La bataille des rois" ; "l'ombre maléfique" ; "l'invincible forteresse".

     Je l'attendais avec impatience et le voilà enfin. Le plus dur à présent n'est pas de se plonger corps et âme dans le texte, mais de me souvenir qui est qui et qui a fait quoi. Même si pour le moment (vingt-six pages) tout va bien.

      De nouveaux personnages ont droit à leurs chapitres : Davos et Theon.

     La religion était auparavant en arrière-plan. On évoquait les coutumes, mais sans plus. Maintenant, elle devient de plus en plus importante. Les peuples se combattent, mais les dieux aussi ; à l'échelle des hommes.

     Le livre débute par l'image d'une comète rouge qui traverse le ciel. Et chacun y va de son expertise, de son analyse. Chacun la récupère comme étant la victoire de chacun. On peut lui faire dire tout ce qu'on veut. Est-ce une manière pour l'auteur de nous faire passer un message? Seul l'auteur peut nous le dire.

     A côté, le surnaturel ne fait pas son apparition mais devient également plus puissant. Tout nous semble possible car la magie est là, cachée, en sourdine.

     En tout cas, Tyrion est vraiment le moins détestable de tous les Lannisters. Parce qu'il a ses chapitres ? Ses faiblesses, son intelligence et son cœur ?

     Ce que j'aime le plus chez cet auteur, ce sont les répartis de ses personnages et leur manière de parler. C'est très visuel car on les voit dans leur grandeur (ironie) à, par exemple, se soûler, comme on imagine les hommes au Moyen-Âge. Même les nobles dans leurs beaux habits et leur langage plus recherché que celui des hommes du commun ont parfois une manière de parler très vulgaire, mais ça passe bien. Pour illustrer cela je prends un propos du tome 2 qui m'a fait rire car venant d'un seigneur : "Puissent les Autres enculer ton Maître de la Lumière, lâcha Penrose du tac au tac, et lui torcher la raie avec tes guenilles." Très spirituel.

     C'est en partie pour cela qu'on y croit, que ce monde existe dans notre imagination. Il n'hésite pas à encrasser ses personnages de par leur accoutrement, leurs faits ou leurs babillages. Là se cache peut-être un secret de cette réussite. On les voit très bien, on les imagine. Pas de vrais héros (mis-à-part pour les Starks.) Ce qui rend l'histoire plus vraisemblable et ce malgré la magie qui pointe le bout de son nez.

     Sansa me fait penser à l'idéologie de la littérature romantique où le beau est en bas et le bas en haut (pour faire simple.) C'est une analyse purement personnelle. Et d'ailleurs cela n'est pas qu'avec elle, mais dans d'autres détails du livre. Un brin de romantisme à la Victor Hugo, ou une vision personnelle, tout autre chose de la part de l'auteur ? Mais ce qui est laid physiquement ne l'est pas en soi. Or cela ne fonctionne que pour quelques personnages. Sansa est amoureuse de Joffrey parce qu'il est beau et bien fait. Alors qu'il s'avère être la dernière des pourritures. A côté elle se méfie, ne supporte pas Sandor Clégane "le limier", parce qu'il a la moitié de la face brûlée (ne répond pas aux canons de beauté, même pour l'époque) alors qu'au fond il vaut mieux que beaucoup d'autres. Ou alors est-ce le culte de l'apparence, on juge les gens selon leur rendu extérieur et non ce qu'ils sont à l'intérieur. Le limier la protège, il est toujours là pour la retenir quand elle manque de tomber (physiquement, ce n'est pas une image)... mais elle en a peur à cause de son visage. Le pauvre, je le soupçonne même d’être amoureux d’elle. Cela est vrai aussi avec Tyrion et Jaime. Le second est décrit comme beau, très séduisant, mais il est vile au fond, comme tous les Lannisters (oui, je ne les aime pas), sauf Tyrion. Un "nabot", un "nain", il est déformé et n'a rien de charmant, pourtant il a autre chose qui fait qu'il n'a aucun lien avec sa perfide de famille. Il vaut bien mieux.

     C'est intéressant de voir ça, et pourtant tout est si vrai. Ce n'est peut-être pas l'intention de l'auteur (je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête) mais ce sont là mes deux personnages préférés. Ils attirent la sympathie.

     Que de rebondissements! On croit qu'il va se passer quelque chose, car tout porte à le croire mais non, stratagème, subterfuge, il se passe tout autre chose.

     Ce livre-ci (qui réunit trois volumes) est tout aussi sublime que le premier, captivant, entrainant. Dès que j'y plonge, je ne suis pas simple lectrice, je suis à Winterfell avec Bran. à Port-Réal avec Sansa, Tyrion, Cercei..., dans la forêt ou ailleurs avec Arya, à guerroyer comme des hommes, à négocier des paix, au Mur avec Jon et les frères de la garde de nuit. Je ne suis plus au chaud chez moi mais entourée de ces vastes contrées, témoin présente en ces lieux de toutes ces tragédies ou moment de gloire, de pardon, de trahison... Ce livre vous happe, vous entraine dans un maelström. Il faut lutter pour en ressortir et retrouver la lumière du jour. Un chef d'œuvre et un véritable coup de cœur. Ce livre est magique, à la puissance d'un Tolkien, un noble héritier.

     Je vais devoir voguer sur de nouveaux flots, mais hâte de revenir dans cet univers.

Marion (Source image : electre)

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