Graal noir 1 : le fils du diable de Christian de Montella (2010)

Publié le par Marion L.

Graal noir 1 : le fils du diable de Christian de Montella (2010)

[lu et article écrit en 2013]

     Nous sommes au début du christianisme. Uther Pendragon, roi de Logres, gouverne non sans l’aide précieuse de sa mère. Brutal, laid, défiguré par une balafre, il ne fait confiance qu’à deux personnes : sa mère Gwenhwyar et son frère de cœur, Maelgwn. Sa vie est bouleversée à l’arrivée de Merlin, alors jeune homme de dix-huit ans, magicien et fils du diable et d’une vierge. Nous suivons ce jeune homme et son maître Blaise, un prêtre présent pour aider Merlin à suivre son côté humain. Ils ne connaissent pas les plans du malin, mais veulent tout faire pour les déjouer.

     Arrogant, sûr de lui, puissant, il attire les femmes comme la lumière les moustiques, même si elles sont sa future perte. Merlin doit sauver Uther pour lui permettre d’enfanter le fils qui créera un monde meilleur.

     J’ai lu et vu différentes versions de cette grande légende, et elles se démarquent toutes d’une quelconque façon. Ici, j’aime qu’on le voit jeune, avant même la naissance d’Arthur et la quête du Graal.

     Nous en voyons les prémices, ce qu’il a fait pour que ce futur puisse arriver. Le personnage en lui-même est intéressant parce qu’il n’a pas le caractère auquel on pourrait s’attendre. Ce n’est pas un antihéros mais pas un héros à proprement parler ; il ne sauvera pas vraiment la vierge et l’orphelin. L’auteur joue avec sa paternité, avec ce qu’il est. Le fils du diable ne peut pas être un modèle de vertu, il lui faut un défaut et ici c’est l’orgueil.

     Importance du destin. Il voit l’avenir, et celui-ci s’accomplit. Même si les conséquences sont néfastes. Ou plutôt, il laisse faire pour obtenir des conséquences bénéfiques au détriment de l’instant présent et de certaines personnes.

     Le style est intéressant, fluide, et j’aime beaucoup sa manière de raconter. Parfois il joue sur les répétitions de mots pour donner un air entrainant ou lancinant/envoutant à son texte. Agaçant, je le reconnais, mais efficace. On assiste impuissant au destin parfois funeste de certains personnages qui nous semblaient intéressants, voire attachants.

     Dans ce premier tome, tout est fait pour mettre en place la venue d’Arthur. Ce qui nous donne l’impression que le livre est trop court. C’est une étape que les personnages franchissent (même si on n’en a pas encore le dénouement.) Maintenant, à lire la suite pour découvrir la prochaine étape et savoir où l’auteur nous entraine.

     J’ai aimé ce premier tome que j’ai dévoré. Le graphisme est excellent et interpelle avec ses tranches noires, comme la couleur annoncée dans le titre. Tout intrigue et nous pousse à en découvrir le cœur. C’est ce que j’ai fait (puisque curieuse par nature) et j’avoue ne pas être déçue. Vraiment envie de lire la suite.

Marion L. (Source image : site de la bibliothèque départementale de la Vienne)

Publié dans Jeunesse - Adolescents

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