Hunger games, 1 de Suzanne Collins (2009)

Publié le par Marion L.

Hunger games, 1 de Suzanne Collins (2009)

[lu et article écrit en 2013]

     Autrefois, treize districts se sont rebellés contre le capitole, le lieu de pouvoir dans cette dystopie installée sur les vestiges d’une Amérique disparue. La rébellion est détruite. Mais pour les punir et empêcher que cela ne se reproduise, le district treize est rasé, et les douze autres doivent présenter tous les ans lors de jeux de la faim – les hunger games – deux tributs, un garçon et une fille, à partir de douze ans et jusqu’à la majorité. La sélection est aléatoire. Dès qu'un enfant a douze ans, son nom est ajouté à la liste des potentiels concurrents. Pour accéder à un surplus de nourriture, une aide, il suffit de réinscrire son nom (il sera ainsi plusieurs fois dans l’urne). C’est ainsi que Katniss et Gale se retrouvent avec plusieurs inscriptions à leur actif. Le grand jour arrive et on commence par sélectionner la fille. Prim Everdeen, la jeune sœur de Katniss est sélectionnée. Katniss ne peut pas laisser passer ça. Chose extraordinaire, surtout pour le district douze, le pire de tous, le plus pauvre qui n’a gagné qu’une seule fois depuis le début des jeux, Katniss se porte volontaire à la place de sa sœur. La sélection est bien sûre filmée, Katniss se fait remarquer dès le début. Peeta est sélectionné chez les garçons, ce qui est horrible pour Katniss car elle a une dette envers lui, jamais elle ne pourrait le tuer, et un seul d’entre eux pourra survivre. Car c’est le but du jeu, que chaque tribut s’entretue pour qu’il n’en reste qu’un seul.

     Tout n’est que mise en scène, on présente les tributs au public. Chaque district a une spécialité, celui du douze, c’est le charbon. Katniss devient alors la fille du feu. Les deux concurrents de chaque district sont conseillés par les anciens vainqueurs de leur district, et celui du douze n’est pas fameux. Pourtant ils doivent compter sur lui, car ce sera lui qui leur trouvera des sponsors qui pourront les aider une fois dans le jeu.

     Tout n’est que manipulation car Katniss et Peeta doivent séduire le public, le manipuler pour le mettre dans sa poche. Un extrême de la téléréalité dans le principe mais tout le contour est quasiment identique aux nôtres. Une idée vraiment très originale qui a séduit des millions de personnes dans le monde.

 

     Quelques difficulté à rentrer dans l’histoire au début (sûrement dû à ma précédente lecture.) Mais cela ne dure pas, quand on entre enfin, cela devient dur de s’en détacher. Des moments forts, entrainants, poignants. Katniss ne ressent pas grand-chose, elle le cache et ne sait pas simuler surtout quand elle doit faire semblant d’être amoureuse de Peeta. Elle est froide quand elle ressent quelque chose : tristesse, colère… alors tout devient plus fort. Ses sentiments nous frappent de plein fouet. C’est ce qui est magique avec ce livre.

     Et l’idée de reprendre un jeu de téléréalité, d’y appliquer les règles du monde d’aujourd’hui (faire sensation, impressionner, se démarquer des autres, simuler des sentiments pour s’attirer la sympathie des foules, apporter de l’action chaque jour pour que ce soit intéressant à l’écran, séduire le public qui vous élimine, vous coule ou vous élève selon ses humeurs, des sponsors…), avec plus de violence et d’action, comme un combat de gladiateurs dans une arène, est fantastique (même si déjà exploitée). Le public a moins son mot à dire, remplacé par les juges qui modifient des éléments de décor à l'avantage des candidats ou non, pousse les actions à se faire, et les sponsors qui décident d’aider un joueur plus qu’un autre. Ceci amène des scènes terribles. Le principe en lui-même l’est, mais la mort d’enfant d’une dizaine d’années en rajoute. Des enfants ne devraient pas subir des actes aussi violents. Si les personnages entre douze et dix-sept ans étaient adultes, les choses et leurs conséquences ne seraient pas les mêmes.

     Katniss n’est pas un personnage de sentiment mais de raison. L’auteur la rend attachante et cet aspect de sa personnalité la fragilise aux yeux du lecteur. Quand on a l’amour, surtout en littérature, on peut tout affronter. Elle a celui de et pour sa sœur, mais ça se limite là. Elle changera peut-être, je n’en dis rien.

     Il faut dire que malgré ses seize ans elle est très mature, adulte. Elle n'est pas une simple adolescente romantique qui ne rêve que de grand amour. Cela est superflu pour elle. Elle doit s’occuper seule de sa famille, leur trouver à manger et voir grandir sa sœur correctement. Elle a pris la place de la mère dans l’histoire. Elle est débrouillarde et toutes les potentielles qualités sont ce qui fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre lors des jeux.

     La vraie question de ces jeux est : comment vivre après cela ?

     Nous découvrons les personnages à travers les yeux de Katniss. Elle nous pousse donc à les voir comme elle les voit elle-même, les apprécier comme elle-même les apprécie et penser d’eux ce qu’elle pense elle-même d’eux. De ce fait nous n’aimons pas Cato jusqu’à la scène de souffrance où la pitié reprend le dessus. On trouve aussi Peeta un peu faible, comme s’il ne pouvait pas s’en sortir sans Katniss, nous aimons Rue comme une petite sœur, Thresh nous demeure mystérieux…

     Grosse importance de l’animateur. Lors des interviews c’est lui qui amène l’ambiance, qui décide de rendre une personne agréable ou non (dans le témoignage de ses émotions par exemple). Il ne faut pas se leurrer, on y vend des personnages. On y met en avant les possibles qualités, les bons côtés de la personnalité, ceux qui attireront et pourquoi.

     En tout cas je trouve le personnage de Katniss vraiment très intéressant. Elle est pleine de doutes, même dans ses sentiments, comme ce que l’on voit dans la réalité. Elle est loin d’être parfaite. Elle n’est pas comme ces héroïnes sûres d’avoir trouvé l’amour de leur vie (même si à cet âge on peut croire que notre premier amour soit éternel.) Katniss parait plus réelle, et pas seulement un personnage de roman. Cela rend ses réactions, ses doutes, ses sentiments plus sincères, tangibles et touchants.

     Pour dire un petit mot du film (même si ce sont deux œuvres différentes) : il est fidèle au livre mis-à-part quelques détails futiles. Nous y retrouvons une Katniss froide, indomptable. Enfin, le spectaculaire de certaines scènes du livre rendent plus que bien à l’écran. Elles sont déjà à la base très visuelles, ceci explique cela.

Marion L. (Source image : electre)

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Publié dans Jeunesse - Adolescents

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