Seuls au monde, tome 1 d'Emmy Laybourne (2013)

Publié le par Marion L.

Seuls au monde, tome 1 d'Emmy Laybourne (2013)

Lu et article écrit en 2014

     Dean entre dans le bus scolaire pour les lycéens de justesse sans un au revoir à sa mère, suivi par son frère Alex qui monte dans celui destiné aux maternelles/primaires/Collège. Pas le temps pour un petit mot, pour un au revoir, ce qui le hantera après la catastrophe, car il ne reverra pas sa mère. Dans ce monde futuriste où tous les habitants sont connectés à un réseau à l’aide d’une tablette, une pénurie d’essence oblige tous les élèves à prendre le bus.

     Dès les premiers chapitres nous sommes dans l’ambiance « fin du monde ». Une pluie de grêle, ou plutôt de grêlons à leur taille, frappe les deux bus. Celui de Dean n’y résiste pas. Ceux qui ne sont pas morts à cause des grêlons finiront blessés par l’accident ou brûlés/asphyxiés dès que le bus prend feu. Ce qui limite le nombre de survivants.

     Par chance le second bus, conduit par la courageuse Mme Wooly, se réfugie dans un centre commercial, indemne ou presque. Les petits du primaire et du collège en sécurité, elle part secourir les survivants du lycée. Et voilà un petit groupe coincé dans un centre commercial, le meilleur endroit pour vivre la fin du monde. Car c’est ce qui est en train de se passer. Entre une éruption volcanique, un tsunami, une pluie de grêlons, et un nuage toxique qui touche différemment les gens selon leur groupe sanguin…

     Nous sommes tout de suite dans le vif du sujet, ce qui est un bon point pour ce livre. Quelques incohérences toutefois d’après moi. Pénurie d’essence = obligation de prendre le bus… Ok, nous l’avons compris, c’est compréhensible. Mais Mme Wooly ne déplore aucune victime dans son bus, et il est dit qu’elle a moins d’une dizaine d’enfants de maternelle/primaire/Collège. Donc si le bus est obligatoire, tous les élèves, ou une grosse majorité, de maternelle à lycée sont tous là (parce qu’il n’y a pas eu non plus une trentaine de morts dans le bus du lycée), nous sommes d’accord… Allons plus loin, les bus prennent le même chemin pour aller à peu près au même endroit. Ce qui nous donne si on suit bien tout cela qu’il y a pénurie d’essence mais ils utilisent un bus entier pour si peu d’enfants ? Pourquoi pas se contenter d’un seul ? Ou alors ce sont de tout petit bus… C’est un détail, il n’y a que moi qui prends ça en compte quand je lis un livre.

     On suit l’histoire du point de vue de Dean. Ce qui permet à l’auteur d’utiliser un vocabulaire et la manière de parler des adolescents. Ce qui n’est pas une si mauvaise idée puisqu’il s’agit du public qu’elle vise. Cela peut être déroutant (selon ce qu’on lit en général) mais donne du « cachet » à l’histoire car les protagonistes sont des enfants. Même si je tiens à préciser que cette manière de parler n’est pas exclusive aux adolescents et que beaucoup d’entre eux ne parlent pas ainsi. Certains ont une carrure de héros mais ils restent malgré tout des enfants et la manière de raconter du personnage principal nous le rappelle.

     Nous avons ici un personnage central très en retrait. Il est le narrateur mais ce n’est pas lui qui se démarque. C’est plutôt le beau et sportif Jake, le premier héros du groupe, qui gérait tout avant de craquer et de prendre du recul, remplacé par l’efficace Niko, ancien scoot, celui par lequel se fera leur survie ; aidé de Josie, un personnage en retrait qui se dévoile et s’avère plus qu’efficace. Dean les laisse sous la lumière des projecteurs et s’occupe de la nourriture et des repas (gestion des stocks, préparation des repas, service des repas.) Une tâche cruciale mais qui ne lui apporte aucun prestige.

     Même dans le bus, au moment où il aurait pu montrer son courage, la terreur le saisit et l’empêche d’agir. On ne peut pas parler d’antihéros mais ce n’est pas non plus un héros comme on se les imagine. S’il n’était pas le narrateur il pourrait presque passer inaperçu. Et ce n’est pas une mauvaise chose, ça change, c’est agréable.

     Un premier tome intéressant qui donne envie de lire le second.

Marion L. (Source image : electre)

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Publié dans Jeunesse - Adolescents

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